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Chenilles « processionnaires », réseaux sociaux, et pédagogie

Depuis que j’ai commencé à m’intéresser aux chenilles, j’ai rejoint de nombreux groupes de jardinage, essentiellement pour aider les jardiniers qui souhaitent connaître l’identité des chenilles qu’ils ont observées dans leur jardin. Au printemps et en été, je consulte quotidiennement les nouvelles publications au sujet de chenilles, et tout particulièrement celles concernant des chenilles dites « processionnaires ».

De bonne heure ce matin, j’ai bien failli avaler mon thé de travers en tombant sur cette publication :

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Cette belle chenille velue n’a rien d’une processionnaire, elle n’appartient même pas à la même famille. C’est une Laineuse du prunellier, inoffensive, mais surtout, protégée sur tout le territoire, inscrite sur la liste rouge des insectes de France métropolitaine, et en Annexe II de la directive habitats !

Le problème des groupes facebook, où chacun donne son avis…

Je comprends tout à fait que beaucoup de personnes se méfient des chenilles poilues, avec tout ce qu’on peut lire sur le net au sujet des chenilles processionnaires. Et je comprends également que, sur les réseaux sociaux, n’importe qui est libre de donner son avis. Au fond, je ne peux pas en vouloir à cette personne : elle ne sait sans doute pas qu’il existe plusieurs milliers d’espèces de papillons en France, et que les chenilles de beaucoup d’entre eux sont couvertes de poils. Elle pensait sûrement bien faire, en alertant l’auteure du post sur la dangerosité des chenilles processionnaires. Le problème est qu’en plus de raconter des bêtises, elle a incité la personne à détruire une espèce protégée, et c’est assez problématique. Heureusement, l’histoire se finit bien : l’auteure du post avait déjà relâché la chenille avant de poster la photo, et n’a pas tenu compte du premier commentaire. Je lui ai par la suite expliqué qu’elle avait bien fait, et elle semblait contente d’apprendre qu’elle avait une espèce protégée dans son jardin.

Tout le monde a le droit de se tromper. C’est tout à fait normal de ne pas savoir identifier une chenille à partir d’une simple photo, ou de confondre deux espèces qui se ressemblent un peu. Mais dans ce cas là, quand on a peu de connaissances en la matière, la logique voudrait que l’on se renseigne un minimum avant d’annoncer avec certitude qu’il s’agit de telle ou telle espèce, ou alors que l’on garde une certaine réserve : « Je crois qu’il s’agit d’une chenille processionnaire », ou bien « ça ressemble à une chenille processionnaire ». Moi-même, lorsque j’identifie une chenille sur les réseaux sociaux, je commence souvent par dire « Il s’agit certainement de… », parce que bien souvent il n’est pas évident d’identifier une chenille avec certitude à partir d’une seule photo !

… et l’importance de la pédagogie

Evidemment, j’ai du mal à rester calme quand je lis ce genre de commentaires. Mais je pense qu’il est essentiel de rester pédagogues lorsqu’on essaye d’expliquer à une personne qu’elle s’est trompée et qu’il ne s’agit pas d’une processionnaire. En général, quand je réponds à ces commentaires, j’essaye de donner quelques infos « clés » sur les chenilles processionnaires :

  • Je précise qu’on recense plus de 5000 espèces de Lépidoptères en France, et que les chenilles de beaucoup de ces espèces possèdent des poils et/où sont grégaires et vivent en groupe dans les arbres ou au sol, sans pour autant être dangereuses pour l’homme ou les animaux,
  • J’explique que les processionnaires s’observent très rarement seules, et toujours à proximité immédiate des pins/cèdres ou des chênes,
  • Quand c’est possible et pas trop complexe, je donne des critères qui permettent de différencier l’espèce en question des chenilles processionnaires,
  • Et quand je dispose de la documentation nécessaire, j’ajoute à mon commentaire une petite fiche ou une photo de l’espèce concernée, pour montrer qu’elle est inoffensive ou prouver qu’il ne s’agit pas d’une processionnaire.

Mais pourquoi, vous demandez-vous peut-être, je passe autant de temps à répondre à ces personnes, parfois en répétant 10 fois la même chose sous une tournure différente ? Tout simplement parce que je pense que les informations sont beaucoup mieux retenues si elles sont amenées avec pédagogie. Je me dis, peut-être avec naïveté, que chaque personne à qui je réponds reconsidérera peut-être ce qu’elle prenait pour acquis, c’est à dire : « toutes les chenilles poilues sont forcément des processionnaires », et se questionnera à l’avenir avant de prendre la décision de détruire une chenille ou un nid de chenilles.

En général, les personnes auxquelles je réponds admettent leur erreur et sont désolées d’avoir dit des bêtises ; parfois, elles sont contentes d’avoir appris quelque chose, et me recontactent par la suite pour me demander d’identifier d’autres chenilles. Récemment, une personne pensait avoir trouvé dans son pré des chenilles processionnaires, et envisageait de détruire leur « nid » : je lui ai expliqué qu’il s’agissait en réalité d’inoffensives chenilles de Livrées (Malacosoma franconica en l’occurrence). Elle a été ravie et rassurée de connaître leur identité, et est retournée les voir tous les jours pour les observer, en m’envoyant même des messages pour me poser des questions à leur sujet.

Et puis, surtout, je pense qu’il est totalement inutile et contre-productif de s’énerver contre les personnes qui identifient à tort des chenilles comme étant des processionnaires. Personne n’aime être pris de haut par une personne condescendante, ni se sentir mal ou culpabiliser. Je trouve personnellement les commentaires du type « Moi je sais mieux que vous et c’est pas une processionnaire » encore moins pertinents que ceux disant « C’est une processionnaire » lorsqu’il ne s’agit pas d’une processionnaire. Quand on possède un savoir, il est bien plus enrichissant de le partager avec les autres que de se vanter de le détenir. Dire « Je sais mieux que vous » sans donner plus de précisions, c’est rater une belle occasion de partager ses connaissances, et de sensibiliser une personne.

Quoi qu’il en soit, toutes ces histoires m’ont motivée à continuer à sensibiliser un maximum de personnes afin de « sauver des chenilles » à distance. Et surtout, motivée à reprendre la rédaction de ce site, en complétant les pages entamées et pourquoi pas en créant de nouvelles fiches sur les espèces fréquemment confondues avec les chenilles processionnaires (notamment l’écaille tessellée et l’écaille villageoise, dont il me manque des photos…). Au travail !

La chenille surprise

Le 18 juin 2018, je décide de faire un tour aux Charmettes, sur les hauteurs de Chambéry. C’est un de mes « coins à chenilles » préférés, où j’ai rencontré de nombreuses espèces au cours de l’année, et je suis pleine d’espoir d’en trouver ce jour-là de nouvelles.
Je m’attends à trouver ce lieu tel qu’il était la fois précédente : de vastes étendues de plantes herbacées non fauchées au dessus desquelles volent par dizaines les papillons, des haies, des arbres, et des chenilles. Mauvaise surprise en arrivant : tout a été fauché. Difficile donc d’espérer trouver la moindre chenille dans les chaumes sèches qui remplacent les hautes herbes… Je me rabats sur les arbres, mais je n’y trouve pas la moindre chenille. Après quelques dizaines de minutes, je commence à perdre espoir, quand je tombe sur cette chenille.

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Je la reconnais immédiatement : c’est l’étoilée, une chenille que je voulais justement croiser car je n’avais pas encore de photo d’elle ! C’est ma seconde rencontre avec cette chenille, la précédente datant d’au moins 4 ans. Je décide de l’élever pour obtenir par la même occasion des photos de son papillon.

Les jours passent, la chenille grandit vite et ne tarde pas à tisser un cocon très sommaire dans lequel elle effectue sa nymphose. Le 28 juin, soit seulement 10 jours après l’avoir trouvée, elle sort de sa chrysalide.

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Aucun doute possible, c’est une femelle. C’est la première fois que j’ai l’occasion de voir cet insecte « en vrai ». Je décide de la laisser à l’air libre pour sa « nuit de noce », en espérant qu’un mâle vienne lui rendre visite.

Le lendemain, elle s’agite sur le petit morceau d’écorce qui lui sert de support. Je pressens que le moment de la ponte est proche, et je prépare l’appareil photo. J’assiste à la ponte, que je filme en même temps.

J’ignore à ce moment si les œufs sont fécondés, puisque je n’ai pas aperçu de mâle à proximité. La femelle ne tarde pas à mourir après avoir pondu, et je garde le morceau d’écorce couvert d’œufs dans ma boîte à chrysalides. Les jours puis les semaines passent, et j’oublie l’existence de ces œufs, que je suppose finalement non fécondés. Je m’absente à ce moment pendant plusieurs journées d’affilées de notre appartement.

Et puis le 27 juillet, je remarque une petite chenille poilue sur une tige de Rumex dans un pot sur le bord de la fenêtre (mon compagnon y fait pousser des plantes sauvages). Je comprends immédiatement d’où elle vient, et pour en avoir confirmation, je regarde le morceau d’écorce : les œufs ont éclos, et les chenilles ont réussi à passer à travers le grillage de la boîte.

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J’ai bien cherché, mais je n’ai jamais retrouvé ses frères et sœurs ; je suppose qu’ils ont rejoint l’extérieur en passant par la fenêtre, presque tout le temps ouverte à cette période. J’aurais bien voulu la garder en liberté dans l’appartement, mais elle en a décidé autrement : après quelques jours passés à grignoter le Rumex, la chenille a elle aussi décidé d’aller chercher autre chose à grignoter dehors. Je l’ai laissée partir, et ne l’ai plus jamais revue.

La processionnaire du cerisier, ou pourquoi se débarrasser des chenilles

Si vous êtes tombé sur cet article en recherchant l’identité des chenilles qui vivent dans vos arbres fruitiers, consultez plutôt la page : Des « nids » de chenilles dans mes arbres fruitiers : que faire ?
Les chenilles processionnaires ne vivent jamais dans les cerisiers, uniquement dans les résineux ou les chênes. Si vous avez des chenilles dans votre cerisier, rassurez vous, il est très probable qu’il s’agisse de chenilles de Grande tortue, totalement inoffensives, et protégées dans certains départements.

7J’ai écrit l’article ci-dessous en 2019, en réaction à une publication sur un groupe de jardinage : un homme avait trouvé des chenilles dans un cerisier et se vantait de les avoir détruites, et plusieurs personnes affirmaient qu’il s’agissait de chenilles processionnaires, alors qu’il s’agissait en réalité de chenilles de Grande tortue. Cet article est un peu un « coup de gueule » contre les personnes qui donnent leur avis sur des sujets qu’elles ne maîtrisent pas du tout.
Le titre de cet article, « la processionnaire du cerisier… », est volontairement trompeur (vous êtes sans doute tombé dessus en cherchant « processionnaire cerisier » sur google, et c’est le but !). Mais la processionnaire du cerisier n’existe pas.
Pour apprendre à différencier les processionnaires des autres chenilles « poilues », je vous invite à consulter l’article : Chenilles processionnaires et autres chenilles poilues, ne les confondez plus !

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J’avais commencé à rédiger la page se débarrasser des chenilles au jardin ce matin, et il m’a semblé nécessaire de répondre avant toute chose à la question « pourquoi se débarrasser des chenilles au jardin ». J’ai repensé à un échange que j’ai eu il y a quelques mois sur Facebook à ce sujet, et j’ai pensé qu’il illustrerait parfaitement ce que j’ai à dire sur le sujet.

Contexte : il y a quelques mois, j’ai rejoint plusieurs groupes de jardinage sur les réseaux sociaux, en me disant que je pourrais aider les personnes confrontées à des problèmes liés à la présence de chenille dans leur jardin, ou aider à l’identification de chenilles.

Tout se passait plutôt bien : hormis quelques personnes hurlant à la processionnaire à la moindre chenille poilue, les membres de ces groupes semblaient faire preuve de bon sens face aux chenilles. Et puis, il y a eu ce post. Sur un groupe de permaculture.

c1.PNG Une personne que nous nommerons Monsieur L. poste sur ce groupe dédié au « jardinage et potager biologique » et à la « permaculture », ces 3 photos.

La première photo montre des chenille d’hyponomeutes (Yponomeuta sp.), un petit papillon de nuit dont les chenilles tissent d’impressionnantes toiles sur certaines espèces d’arbustes. Elles sont capables de défolier les arbres et notamment les fusains, mais ces derniers s’en remettent généralement sans séquelles après la nymphose des chenilles.

Sur la seconde photo, ce sont des chenilles de Grande tortue (Nymphalis polychloros), un papillon « de jour » de la famille des Nymphalidés. Cette espèce serait en déclin : elle est protégée en Île de France et serait éteinte en Grande-Bretagne. Ce ne sont évidemment pas des chenilles processionnaires.

Monsieur L. poste donc ces trois photos, et demande aux autres membres du groupe s’ils ont aussi ce « phénomène » par chez eux – phénomène qu’on pourrait appeler le printemps, en somme. Jusqu’ici tout va bien.

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Plusieurs personnes répondent qu’elles ont observé le printemps chez elles aussi. Une autre personne poste une photo d’hyponomeutes dans leur toile. Et puis, Monsieur L. nous informe que « cet après-midi, il en a brûlé ».

Après tout, c’est son droit : ce n’est pas une espèce protégée dans sa région, et les chenilles se nourrissent sur ses arbres. Pour le premier arbuste – supposons qu’il s’agisse d’un fusain, les hyponomeutes risquent en effet de bien l’abîmer et porter atteinte à sa valeur paysagère. Pour le second, le cerisier, sa récolte risque peut-être d’être compromise… J’y reviendrai plus tard.

Quelques commentaires que jc3.PNGe trouve plutôt sensés pointent du doigt le fait que le phénomène est naturel et qu’il n’y a pas de quoi tout détruire. Ce à quoi Monsieur L. rétorque que, selon sa voisine, ces chenilles viennent de Chine.
La voisine de Monsieur L. confond sans doute les hyponomeutes avec les chenilles de la pyrale du buis, qui vient bien d’Asie ; mais ni les hyponomeutes, ni les grandes tortues ne sont exogènes en France ! Et comme le dit Baptiste, elles ne s’attaquent pas aux cerises…

 

c4.PNGPlusieurs personnes s’accordent alors à dire que ces chenilles sont vraiment problématiques : « ça ne se contente pas de manger, elles détruisent toute la nature » ; « cela mange nuit et jour, voyez comme elles sont grasse« . Si on met de côté le fait que ces répliques semblent sortir d’une pièce de théâtre, je trouve ça assez hypocrite d’accuser des chenilles de détruire la nature, de la part de quelqu’un qui détruit les chenilles et donc… la nature.

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J’interviens alors en utilisant mon compte personnel (j’ai remplacé ma photo par le logo du site) pour souligner que brûler des chenilles, ça n’est pas trop en accord avec les valeurs de la permaculture, ce à quoi Monsieur L. me répond que ses petits enfants mangeraient bien de ses cerises bio. Comme si ces chenilles allaient anéantir sa récolte de cerises ; et comme si la seule alternative, face à une mauvaise récolte, était d’acheter des cerises traitées !

Bref, j’expose mes arguments dans les commentaires suivants, jusqu’à ce que Monsieur L. me réponde : « Je pense que vous habitez en ville !! Moi je suis à la vrai campagne » [sic].
Parce que, quand on cherche à défendre la biodiversité, on est forcément un citadin qui n’y connait rien à la nature… Je préfère couper court au débat qui, de toutes façons, s’annonce sans issue : nous avons 2 points de vue différents que nous défendons avec plus ou moins de conviction. Et si Monsieur L. commence à  m’accuser de n’y rien connaître, c’est sans doute parce qu’il arrive à cours d’arguments.c7.PNG

À ce moment, je songe à quitter le débat, en laissant tout de même un petit message au sujet des papillons que seraient devenues les chenilles de la grande tortue brûlées par Monsieur L. – et en insistant sur le fait que l’espèce est en déclin en France.
Et puis là, ça recommence…

c8.PNGParce que ces chenilles ont le malheur d’être grégaires et d’être couvertes de soies épineuses (qui n’ont rien à voir avec les poils urticants des processionnaires), elles sont forcément urticantes et dangereuses. Et parce qu’elles sont urticantes et dangereuses, il faut les détruire.
Catherine, qui semble bien connaître les chenilles, nous informe que ce sont des chenilles qui « peuvent faire mourir votre chien », ce qui est de toute évidence faux. Et elle ne veut rien entendre lorsqu’on l’informe qu’il ne s’agit pas de chenilles processionnaires.

Elle finit par ne plus répondre. Peut-être a-t-elle fini par comprendre ? C’est alors qu’arrive Carole…

c9.PNG« Respire, tout va bien« , me dis-je, « c’est forcément un troll« . Vraiment, à ce stade de la conversation, quand j’ai indiqué à 3 reprises le nom de la chenille, qui pourrait encore crier à  la processionnaire ? Non, vraiment, ça ne peut qu’être un troll…

Bon, je sors mon petit visuel habituel conçu spécialement pour cette situation (et que vous pouvez télécharger ici), et je réponds à Véronique qui s’intéresse aux chenilles. Je n’ai pas capturé la suite de la conversation, c’est sans intérêt pour cet article.

c10.PNGPlus bas dans les commentaires, une dénommée Elodie souligne une fois de plus que tout détruire n’est pas en accord avec les valeurs de la permaculture. Je suis assez d’accord avec elle sur le fond, même s’il n’est pas question de nature qui reprend ses droits ou d’invasion de chenilles : la grande tortue (comme les hyponomeutes) est une espèce dont les chenilles sont grégaires, et c’est tout à fait normal de les observer en grande nombre.

Et puis monsieur L. revient à la charge dans un hors-sujet total : il évoque une « invasion de chenilles qui arrivent de Chine » (les pyrales du buis, oui, mais qui les a importées ?), d’abeilles (peut-être pense-t-il au frelon asiatique – mais qui l’a importé ?) et de coccinelles (… qui a importé les coccinelles asiatiques ?). À le lire, on s’imaginerait une armée d’insectes qui traverseraient les continents, avides de tout détruire sur leur passage. Bref, une fois de plus il rejette la faute sur les autres (les insectes ou les chinois, je n’ai pas trop compris où il voulait en venir), mais ne se remet pas du tout en question.

À ce stade de la conversation, je me dis qu’on a touché le fond. Et pourtant…

c11.PNGVisiblement, lire les commentaires déjà postés avant de répondre, c’est trop compliqué. Une fois de plus, les chenilles sont identifiées comme des processionnaires. Pire même, selon Mélanie, toutes les chenilles noires et poilues sont des processionnaires, alors que les processionnaires françaises ne sont même pas noires…

Je m’arme donc de patience, de bienveillance et d’un smiley gentil pour poster à nouveau mon petit visuel. Et Mélanie me répond en m’envoyant une photo de « la chenille processionnaire ». Je pense qu’on ne voit pas bien sur la capture d’écran, alors je vous la remets plus bas en grand.

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Vous la reconnaissez ? Avec sa tête bleue maculée de deux points noirs, sa ligne médiane blanche entourée de rouge, de noir et de bleu, et sa fine pilosité orange, c’est la chenille de la livrée des arbres (Malacosoma neustria), aussi mignonne qu’inoffensive.

c12.PNGLa suite se passe de commentaires. Je suppose, ou plutôt j’espère, que le « professionnel » qu’évoque Mélanie était bien venu détruire des cocons de processionnaires, et que cette petite livrée se trouvait au même endroit. Parce que si le professionnel est venu détruire un nid de livrées des arbres (grégaires aux premiers stades larvaires) et qu’il n’est pas capable de la distinguer des processionnaires, il y a un réel problème…

Quelques commentaires sans intérêt ont suivi, incluant une nouvelle fausse-identification des chenilles à laquelle j’ai une foi de plus répondu poliment avec mon petit visuel, et la conversation s’est essoufflée. Ce post m’est sorti de la tête, jusqu’à ce qu’un mois plus tard, Monsieur L. poste cette photo sur le même groupe.

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Tout ce que Monsieur L. aura retenu de cet échange, c’est que ses chenilles étaient bien des processionnaires, et qu’il a bien fait de le tuer.

Prenons un peu de recul sur cette histoire. J’ai brièvement épluché la littérature sur les ravageurs du cerisier, et la grande tortue n’est pas citée comme une réelle menace.

Le 20 mai, soit 2 jours après ce débat sur Facebook, j’ai examiné un cerisier qui se trouve dans le jardin de mon arrière grand-mère. C’est un arbre plutôt jeune, qui ne produit pas encore beaucoup de cerises. J’y ai trouvé les traces de passage de la grande tortue : beaucoup de feuilles avaient été consommées, mais j’arrivais trop tard pour voir les chenilles, qui étaient déjà devenu chrysalides.

 

Vous pouvez constater plusieurs choses en observant ces photos :

  • Les chenilles sont restées groupées tout au long de leur développement, comme l’atteste la présence de mues (peaux vides) regroupées sur les feuilles. Elles ne se sont pas dispersées sur tout l’arbre.
  • Par conséquent, elles ont principalement consommé les feuilles situées sur quelques branches, et non affaibli toutes les branches.
  • Elles n’ont consommé que les feuilles et n’ont pas touché aux cerises.

 

Le 28 août, soit plus de 3 mois plus tard, je suis retournée voir ce cerisier. On ne voyait plus aucune trace du passage des chenilles. Le cerisier n’avait pas du tout été impacté par leur présence.

J’en reviens au sous-titre de cet article.

Pourquoi se débarrasser des chenilles ?
Mes propos portent évidemment uniquement sur les espèces indigènes – il est évident que la Pyrale du buis n’a pas sa place dans nos écosystèmes.
Par la place qu’elles occupent dans les écosystèmes, les chenilles jouent un rôle important et essentiel à leur bon fonctionnement. Elles fournissent une alimentation riche aux oiseaux insectivores : rouge-queues, mésanges et autres passereaux consomment un grand nombre de chenilles au printemps, et en rapportent au nid pour nourrir leurs jeunes. Au stade adulte, les papillons « de jour » comme « de nuit » participent à la pollinisation, et continuent à alimenter les oiseaux, mais aussi les chauve-souris et autres mammifères insectivores. Elles ont donc tout à fait leur place dans nos jardins et nos forêts.

Je comprends  bien qu’il puisse être nécessaire, dans certaines situations, de se débarrasser des chenilles, mais les brûler n’est pas la seule solution ! Et surtout, dans le cas de ce Monsieur L., la destruction des chenilles n’était vraiment pas nécessaire…

 

Quelques chenilles de Vanoise

Comme je l’évoquais dans l’article précédent, j’ai eu la chance cet été de passer plusieurs semaines en Vanoise. J’ai donc eu l’occasion de croiser un certain nombre d’espèces de chenilles différentes, dont certaines que je n’avais jamais rencontré auparavant ! Ces dernières ne feront pas toutes l’objet de pages individuelles sur le site, puisque j’y parle en priorité des chenilles communes que l’on trouve un peu partout dans nos campagnes. Reste qu’elles ont tout à fait leur place ici, alors ce petit article leur sera consacré !

  • Hétérocères

L’alpine (Malacosoma alpicola)
Présente partout et souvent en grand nombre, cette jolie chenille poilue y est parfois confondue avec les chenilles processionnaires. Pourtant, elle n’a pas grand chose à voir avec les redoutées urticantes. La raison de cette confusion : ses poils, et son caractère grégaire. On peut en effet parfois observer de grands groupes de ces insectes, se déplaçant parfois même en procession !

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1.jpgEt non, ce ne sont pas des processionnaires ! Photo : Martin Fargeat

L’alpine fait partie des 4 espèces françaises du genre Malacosoma. Toutes partagent les mêmes couleurs, et il est parfois difficile de les différencier : constatez par vous-même en cliquant ici ! Pour reconnaître l’alpine, retenez qu’elle ne possède pas de points noirs sur la tête (contrairement à M. neustria) et qu’on la rencontre surtout en altitude (au dessus de 1000 mètres), dans les Alpes, le Jura et les Pyrénées.

La Laineuse de l’aulne vert (Eriogaster arbusculae)
Pour rester dans la famille des Lasiocampidés, une belle laineuse découverte sur un saule. Elle fait partie des 4 espèces françaises du genre Eriogaster et se rencontre essentiellement dans les Alpes, sur des plantes telles que les aulnes et les saules.

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L’Écaille du plantain (Parasemia plantaginis)
Toujours dans les hétérocères mais dans une famille différente (les Érébidés), une chenille dont la toison est assez caractéristique du groupe des écailles : l’Écaille du plantain. Elle se reconnaît facilement à sa coloration d’un noir profond et sa tache rousse plus ou moins bien délimitée et étendue sur le dos. À cela s’ajoutent quelques soies blanches à l’arrière du corps, une petite tête noire luisante et une démarche rapide, elle aussi caractéristique des écailles.

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Son papillon s’observe lui aussi facilement dans la végétation.

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L’Écaille tiretée (Ocnogyna parasita)
Une autre écaille plus joliment colorée d’orange avec une ligne dorsale jaune bien marquée. Elle se rencontre en France uniquement dans les Alpes. J’ai eu l’occasion de croiser sa chenille à quelques reprises, mais pas son papillon.

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Une inconnue…
Pour terminer avec les hétérocères, une petite chenille que j’ai supposé être elle aussi une écaille (ou, du moins, une représentante de la sous-famille des Arctiinae). Mes recherches ne m’ont pas permis de l’identifier, mais si vous avez une idée de son identité, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires !

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  • Rhopalocères

Le damier des alpages (Euphydryas cynthia)
Chez les rhopalocères cette fois-ci, je commence avec la famille des Nymphalidés (c’est, entre autres, la famille du Paon du jour ou du Vulcain). L’une des premières chenilles que j’ai pu voir en Vanoise fut celle du damier des alpages, un magnifique papillon qui possède une curieuse particularité : chez cette espèce, le dimorphisme sexuel (différence entre les individus mâles et femelles) est très marqué. Ce caractère est assez rare chez les papillons de jour, du moins chez les espèces françaises.

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Sur les photos ci-dessous, vous remarquerez donc l’importante différence de couleur entre la femelle et le mâle.

4Madame

17Monsieur

18Monsieur et madame

5Femelle tout juste sortie de sa chrysalide, à laquelle est encore accrochée la dernière mue de sa chenille.

Quelques autres « mélitées »
Mélitées et damiers appartiennent à la même sous-famille des Melitaeinae. Ci-dessous, voici quelques individus croisés que je n’ai pas encore tenté de déterminer – il faut avouer que beaucoup d’espèces se ressemblent !
Vous pouvez remarquer sur ces 5 photos les critères morphologiques permettant de supposer qu’il s’agit d’espèces de cette sous-famille : la présence de soies épineuses et une tête relativement grosse, légèrement bilobée.
L’une de ces chenilles m’a pourtant interpellée : la noire constellée de blanc. Il s’agit sans doute d’un Damier de la succise (Euphydryas aurinia), une espèce protégée au niveau national, mais je ne m’attendais pas à la trouver en ce lieu et je n’ai vu aucun imago.

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Un petit « azuré »
Difficile de se prononcer sur l’identité de cette petite chenille de la famille des Lycaenidéstrouvée sur des feuilles de Sainfoin des montagnes. Dans cette famille, plusieurs espèces sont connues pour être myrmécophiles : c’est-à-dire qu’elles se développent en symbiose avec des fourmis. La myrmécophilie est surtout connue chez les espèces du genre Phengaris ( = Maculinea).
Toutes les chenilles similaires que j’ai pu observer ce jour-là étaient entourées de fourmis, mais je ne sais exactement par quel lien elles sont reliées.

  • Quelques papillons…

Je n’ai hélas pas pu photographier les chenilles de tous les papillons que j’ai croisés, mais voici cependant quelques belles espèces que j’ai rencontré au cours de ce séjour.

L’Écaille alpine (Setina aurita)
C’est une toute petite écaille discrète que l’on peut trouver dans la végétation rase des alpages. J’ai eu l’occasion de la croiser à deux ou trois reprises.

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L’Écaille martre (Arctia caja)
Cette écaille est plutôt commune et n’est pas inféodée au milieu montagnard : on peut la rencontrer un peu partout en France. Pourtant, c’est la première fois que je croisais un individu adulte sauvage. C’est une très belle et grande espèce.

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La Piéride du Vélar (Pontia callidice)
Une petite piéride que l’on rencontre dans les Alpes et les Pyrénées. Elle n’est pas forcément identifiable à partir de cette photo, mais je l’ai déterminée « en main » !

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Le Candide (Colias phicomone)
Il fait partie des papillons du genre Colias, dont l’identification est souvent difficile. Il faut pour cela observer le dessus des ailes – et là encore, ce n’est pas toujours simple.

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LAzuré des soldanelles (Agriades glandon)
C’est un tout petit azuré que l’on rencontre en montagne. Celui-ci était immobile sur une graminée à l’approche d’un orage.

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L’Apollon (Parnassius apollo)
C’est un peu un « incontournable » en montagne : ce grand Papilionidé blanc aux ocelles rouges est protégé en France. La prise de vue est plus originale qu’autre chose, mais cet individu n’était pas très coopératif pour se montrer sous le bon angle !

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Ce petit récit-photo s’achève ici… En espérant que je puisse retourner là-haut à la belle saison prochaine pour tenter de photographier d’autres espèces que je n’ai pas eu la chance de croiser cette année !

Monsieur ou Madame Duchêne

Le mois dernier, j’ai accompagné mon compagnon botaniste en Vanoise, où il effectuait des transects floristiques dans le cadre de l’élaboration d’une méthode d’évaluation de l’état de conservation des pelouses d’altitude. Pendant quelques semaines, je l’ai aidé à réaliser ses relevés, et j’ai pu découvrir une partie de l’entomofaune (et de la chenillofaune!) des Alpes que j’ignorais jusqu’alors, dont j’ai un peu parlé ici.

Mais surtout, j’ai eu l’occasion de tomber sur un Lasiocampidé que je recherchais particulièrement : le Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus). Il vous semblera peut-être curieux que je recherche particulièrement cette espèce-là, sans doute la plus commune de sa famille et présente un peu partout… Et bien pourtant si, car il faut dire que cette année, je n’ai pas eu de chance avec ce Bombyx !

C’est une espèce que j’avais déjà élevée par le passé (en 2017), et dont j’avais conservé un épineux souvenir (la manipulation de son cocon m’avait laissé quelques poils urticants dans les doigts). Cette année, je voulais renouveler l’expérience, d’une part parce que je n’avais pas pris le soin de photographier la chenille, et d’autre part parce que je souhaitais réaliser l’expérience que l’entomologiste Jean-Henri Fabre décrivait dans ses Souvenirs entomologiques. 1

Au printemps de cette année, j’étais tombée sur une grosse chenille poilue et orangée, que je pris pour un Bombyx du chêne, ignorant à ce moment qu’il existait une espèce proche.

Lasiocampa trifolii (1)Avouez que le doute est permis !

Contente de ma trouvaille, je l’avais ramenée chez moi et élevée dans une grande serre. J’avais vite remarqué qu’elle appréciait beaucoup les feuilles de trèfle, sans y accorder plus d’importance. Au cours des semaines suivantes, j’étais tombée sur d’autres chenilles de Bombyx du chêne (des vraies, cette fois), que je n’avais pas pris la peine de prélever, puisque je pensais en avoir déjà une. Ce n’est que quelques jours plus tard que j’ai découvert que mon Bombyx « du chêne » était en réalité « du trèfle », ce qui expliquait son appétit pour les Fabacées…

Et depuis ce jour là, je n’avais pas réussi à mettre la main sur la moindre chenille de Bombyx du chêne vivante. Chaque fois que j’en trouvais une, que je reconnaissais ses couleurs et sa forme, je devais essuyer la déception d’être face à un cadavre. Un jour, c’était une belle chenille pendouillant sur une branche ; le lendemain, je retrouvais un individu tout mâchouillé et vidé de son contenu sur une feuille ; et la semaine suivante, c’était un Bombyx tout desséché qui m’attendait au détour d’un chemin…

J’avais donc abandonné l’idée de trouver cette espèce en 2018, jusqu’au 23 juillet. En montant un chemin de randonnée en pierre très fréquenté, mon compagnon m’a désigné du doigt une chenille posée sur une pierre, immobile. C’était Monsieur – ou Madame – Duchêne.

Lasiocampa quercus (5)

Satisfaite de cette trouvaille tardive (les chenilles de cette espèce se rencontrent plutôt au mois de mai), je l’ai ramassée pour en faire quelques photos pour le site, puis j’ai décidé de la garder. J’ai vite remarqué qu’elle n’était pas tout à fait dans son assiette : peu active, sa dernière paire de fausses-pattes était comme paralysée, et elle refusait de manger. Durant une semaine, j’ai tenté de lui présenter plusieurs plantes : rien à faire, elle ne voulait rien avaler, ce qui se confirmait par l’absence de crottes dans sa boite. Je l’ai alors pensée parasitée, ce qui aurait expliqué son état général.

Et puis un matin, 7 jours exactement après l’avoir ramassée, j’ai retrouvé des fragments de peau dans sa boite. Elle était en train de muer, mais les choses ne se passaient pas comme d’habitude : à divers endroits de son corps, son ancienne peau ne s’était pas décollée, et elle peinait à s’en débarrasser. J’ai retiré les morceaux qui restaient, et lui ai proposé quelques feuilles de myrtille fraîches, qu’elle s’est mise à manger.

Lasiocampa quercus (6).png

Nous sommes aujourd’hui le 22 août, un mois presque jour pour jour après sa découverte. Monsieur ou Madame Duchêne n’a pas grandi depuis sa dernière mue, et ne semble pas se précipiter pour passer à l’étape supérieure. Elle mange une feuille de rosier par jour, et ne bouge presque pas. Je n’arrive pas à comprendre comment elle a pu survivre une semaine sans manger, ni pourquoi elle se développe si lentement. Si sa présence en montagne au mois de juillet s’expliquait par l’altitude qui retarde généralement la présence des insectes, je ne parviens pas à expliquer son comportement. A ce rythme-là, elle ne trouvera aucun partenaire lorsque l’imago émergera…

Quoi qu’il en soit, je surveille son évolution de près, et je ne manquerai pas de vous raconter l’issue de cet élevage ici, lorsque Monsieur ou Madame se décidera à faire sa nymphose… Si il ou elle se décide un jour !


Suite et fin tragique

Hélas, Monsieur ou Madame Duchêne n’est plus : je l’ai retrouvé mort un matin. Il faudra attendre l’année prochaine pour pouvoir tenter à nouveau de l’élever…


2019 : la malédiction continue 

Fin 2018, je suis tombée sur une jeune chenille de Bombyx du chêne sur des feuilles de lierre. Mais je n’avais rien sur moi pour la ramener à la maison, et je craignais de ne pas trouver de quoi la nourrir durant l’hiver… Je l’ai donc laissée sur place.

Lasiocampa quercus (4)

Puis au début du printemps 2019, lors d’une sortie étudiante encadrée par des professeurs, j’ai trouvé à nouveau une chenille de Bombyx du chêne sur un tronc d’arbre. Malheureusement, je n’avais toujours rien sur moi pour la prendre, et j’ai dû la laisser sur place (mais j’ai quand même pris le temps de la prendre en photo !)

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Enfin, lors d’une balade au mois de mai, une amie m’a montré du doigt une chenille qu’elle venait de trouver : « tu la connais, celle-là ? ». Ouiii, c’est lui, c’est mon Bombyx du chêne ! Et cette fois, j’avais tout prévu : j’ai sorti de mon sac ma boîte à chenilles, et j’ai récolté l’individu.

1Pas besoin de loupe pour identifier cette espèce ; en revanche, l’objet est utile pour apprécier la beauté des motifs latéraux de la chenille !

J’ai ramené ma chenille à la maison, toute contente, et l’ai gardée dans sa boîte pour la nuit le temps de lui aménager un espace adéquat. Le lendemain matin, catastrophe… Une myriade de petites larves, qui avaient pris secrètement possession de son corps, grouillaient tout autour d’elle. Ma « pauvre » chenille était parasitée, et condamnée avant même que nos chemins se croisent.

Copie de Copie de Paysage 5(2)Adieu chenille 😥

Je n’ai pas retrouvé cette chenille depuis.


1 Voir Le minime à bande jaune.