La chenille surprise

Le 18 juin 2018, je décide de faire un tour aux Charmettes, sur les hauteurs de Chambéry. C’est un de mes « coins à chenilles » préférés, où j’ai rencontré de nombreuses espèces au cours de l’année, et je suis pleine d’espoir d’en trouver ce jour-là de nouvelles.
Je m’attends à trouver ce lieu tel qu’il était la fois précédente : de vastes étendues de plantes herbacées non fauchées au dessus desquelles volent par dizaines les papillons, des haies, des arbres, et des chenilles. Mauvaise surprise en arrivant : tout a été fauché. Difficile donc d’espérer trouver la moindre chenille dans les chaumes sèches qui remplacent les hautes herbes… Je me rabats sur les arbres, mais je n’y trouve pas la moindre chenille. Après quelques dizaines de minutes, je commence à perdre espoir, quand je tombe sur cette chenille.

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Je la reconnais immédiatement : c’est l’étoilée, une chenille que je voulais justement croiser car je n’avais pas encore de photo d’elle ! C’est ma seconde rencontre avec cette chenille, la précédente datant d’au moins 4 ans. Je décide de l’élever pour obtenir par la même occasion des photos de son papillon.

Les jours passent, la chenille grandit vite et ne tarde pas à tisser un cocon très sommaire dans lequel elle effectue sa nymphose. Le 28 juin, soit seulement 10 jours après l’avoir trouvée, elle sort de sa chrysalide.

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Aucun doute possible, c’est une femelle. C’est la première fois que j’ai l’occasion de voir cet insecte « en vrai ». Je décide de la laisser à l’air libre pour sa « nuit de noce », en espérant qu’un mâle vienne lui rendre visite.

Le lendemain, elle s’agite sur le petit morceau d’écorce qui lui sert de support. Je pressens que le moment de la ponte est proche, et je prépare l’appareil photo. J’assiste à la ponte, que je filme en même temps.

J’ignore à ce moment si les œufs sont fécondés, puisque je n’ai pas aperçu de mâle à proximité. La femelle ne tarde pas à mourir après avoir pondu, et je garde le morceau d’écorce couvert d’œufs dans ma boîte à chrysalides. Les jours puis les semaines passent, et j’oublie l’existence de ces œufs, que je suppose finalement non fécondés. Je m’absente à ce moment pendant plusieurs journées d’affilées de notre appartement.

Et puis le 27 juillet, je remarque une petite chenille poilue sur une tige de Rumex dans un pot sur le bord de la fenêtre (mon compagnon y fait pousser des plantes sauvages). Je comprends immédiatement d’où elle vient, et pour en avoir confirmation, je regarde le morceau d’écorce : les œufs ont éclos, et les chenilles ont réussi à passer à travers le grillage de la boîte.

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J’ai bien cherché, mais je n’ai jamais retrouvé ses frères et sœurs ; je suppose qu’ils ont rejoint l’extérieur en passant par la fenêtre, presque tout le temps ouverte à cette période. J’aurais bien voulu la garder en liberté dans l’appartement, mais elle en a décidé autrement : après quelques jours passés à grignoter le Rumex, la chenille a elle aussi décidé d’aller chercher autre chose à grignoter dehors. Je l’ai laissée partir, et ne l’ai plus jamais revue.

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