La processionnaire du cerisier, ou pourquoi se débarrasser des chenilles

Si vous êtes tombé sur cet article en recherchant l’identité des chenilles qui vivent dans vos arbres fruitiers, consultez plutôt la page : Des « nids » de chenilles dans mes arbres fruitiers : que faire ?
Les chenilles processionnaires ne vivent jamais dans les cerisiers, uniquement dans les résineux ou les chênes. Si vous avez des chenilles dans votre cerisier, rassurez vous, il est très probable qu’il s’agisse de chenilles de Grande tortue, totalement inoffensives, et protégées dans certains départements.

7J’ai écrit l’article ci-dessous en 2019, en réaction à une publication sur un groupe de jardinage : un homme avait trouvé des chenilles dans un cerisier et se vantait de les avoir détruites, et plusieurs personnes affirmaient qu’il s’agissait de chenilles processionnaires, alors qu’il s’agissait en réalité de chenilles de Grande tortue. Cet article est un peu un « coup de gueule » contre les personnes qui donnent leur avis sur des sujets qu’elles ne maîtrisent pas du tout.
Le titre de cet article, « la processionnaire du cerisier… », est volontairement trompeur (vous êtes sans doute tombé dessus en cherchant « processionnaire cerisier » sur google, et c’est le but !). Mais la processionnaire du cerisier n’existe pas.
Pour apprendre à différencier les processionnaires des autres chenilles « poilues », je vous invite à consulter l’article : Chenilles processionnaires et autres chenilles poilues, ne les confondez plus !

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J’avais commencé à rédiger la page se débarrasser des chenilles au jardin ce matin, et il m’a semblé nécessaire de répondre avant toute chose à la question « pourquoi se débarrasser des chenilles au jardin ». J’ai repensé à un échange que j’ai eu il y a quelques mois sur Facebook à ce sujet, et j’ai pensé qu’il illustrerait parfaitement ce que j’ai à dire sur le sujet.

Contexte : il y a quelques mois, j’ai rejoint plusieurs groupes de jardinage sur les réseaux sociaux, en me disant que je pourrais aider les personnes confrontées à des problèmes liés à la présence de chenille dans leur jardin, ou aider à l’identification de chenilles.

Tout se passait plutôt bien : hormis quelques personnes hurlant à la processionnaire à la moindre chenille poilue, les membres de ces groupes semblaient faire preuve de bon sens face aux chenilles. Et puis, il y a eu ce post. Sur un groupe de permaculture.

c1.PNG Une personne que nous nommerons Monsieur L. poste sur ce groupe dédié au « jardinage et potager biologique » et à la « permaculture », ces 3 photos.

La première photo montre des chenille d’hyponomeutes (Yponomeuta sp.), un petit papillon de nuit dont les chenilles tissent d’impressionnantes toiles sur certaines espèces d’arbustes. Elles sont capables de défolier les arbres et notamment les fusains, mais ces derniers s’en remettent généralement sans séquelles après la nymphose des chenilles.

Sur la seconde photo, ce sont des chenilles de Grande tortue (Nymphalis polychloros), un papillon « de jour » de la famille des Nymphalidés. Cette espèce serait en déclin : elle est protégée en Île de France et serait éteinte en Grande-Bretagne. Ce ne sont évidemment pas des chenilles processionnaires.

Monsieur L. poste donc ces trois photos, et demande aux autres membres du groupe s’ils ont aussi ce « phénomène » par chez eux – phénomène qu’on pourrait appeler le printemps, en somme. Jusqu’ici tout va bien.

c2.PNG

Plusieurs personnes répondent qu’elles ont observé le printemps chez elles aussi. Une autre personne poste une photo d’hyponomeutes dans leur toile. Et puis, Monsieur L. nous informe que « cet après-midi, il en a brûlé ».

Après tout, c’est son droit : ce n’est pas une espèce protégée dans sa région, et les chenilles se nourrissent sur ses arbres. Pour le premier arbuste – supposons qu’il s’agisse d’un fusain, les hyponomeutes risquent en effet de bien l’abîmer et porter atteinte à sa valeur paysagère. Pour le second, le cerisier, sa récolte risque peut-être d’être compromise… J’y reviendrai plus tard.

Quelques commentaires que jc3.PNGe trouve plutôt sensés pointent du doigt le fait que le phénomène est naturel et qu’il n’y a pas de quoi tout détruire. Ce à quoi Monsieur L. rétorque que, selon sa voisine, ces chenilles viennent de Chine.
La voisine de Monsieur L. confond sans doute les hyponomeutes avec les chenilles de la pyrale du buis, qui vient bien d’Asie ; mais ni les hyponomeutes, ni les grandes tortues ne sont exogènes en France ! Et comme le dit Baptiste, elles ne s’attaquent pas aux cerises…

 

c4.PNGPlusieurs personnes s’accordent alors à dire que ces chenilles sont vraiment problématiques : « ça ne se contente pas de manger, elles détruisent toute la nature » ; « cela mange nuit et jour, voyez comme elles sont grasse« . Si on met de côté le fait que ces répliques semblent sortir d’une pièce de théâtre, je trouve ça assez hypocrite d’accuser des chenilles de détruire la nature, de la part de quelqu’un qui détruit les chenilles et donc… la nature.

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J’interviens alors en utilisant mon compte personnel (j’ai remplacé ma photo par le logo du site) pour souligner que brûler des chenilles, ça n’est pas trop en accord avec les valeurs de la permaculture, ce à quoi Monsieur L. me répond que ses petits enfants mangeraient bien de ses cerises bio. Comme si ces chenilles allaient anéantir sa récolte de cerises ; et comme si la seule alternative, face à une mauvaise récolte, était d’acheter des cerises traitées !

Bref, j’expose mes arguments dans les commentaires suivants, jusqu’à ce que Monsieur L. me réponde : « Je pense que vous habitez en ville !! Moi je suis à la vrai campagne » [sic].
Parce que, quand on cherche à défendre la biodiversité, on est forcément un citadin qui n’y connait rien à la nature… Je préfère couper court au débat qui, de toutes façons, s’annonce sans issue : nous avons 2 points de vue différents que nous défendons avec plus ou moins de conviction. Et si Monsieur L. commence à  m’accuser de n’y rien connaître, c’est sans doute parce qu’il arrive à cours d’arguments.c7.PNG

À ce moment, je songe à quitter le débat, en laissant tout de même un petit message au sujet des papillons que seraient devenues les chenilles de la grande tortue brûlées par Monsieur L. – et en insistant sur le fait que l’espèce est en déclin en France.
Et puis là, ça recommence…

c8.PNGParce que ces chenilles ont le malheur d’être grégaires et d’être couvertes de soies épineuses (qui n’ont rien à voir avec les poils urticants des processionnaires), elles sont forcément urticantes et dangereuses. Et parce qu’elles sont urticantes et dangereuses, il faut les détruire.
Catherine, qui semble bien connaître les chenilles, nous informe que ce sont des chenilles qui « peuvent faire mourir votre chien », ce qui est de toute évidence faux. Et elle ne veut rien entendre lorsqu’on l’informe qu’il ne s’agit pas de chenilles processionnaires.

Elle finit par ne plus répondre. Peut-être a-t-elle fini par comprendre ? C’est alors qu’arrive Carole…

c9.PNG« Respire, tout va bien« , me dis-je, « c’est forcément un troll« . Vraiment, à ce stade de la conversation, quand j’ai indiqué à 3 reprises le nom de la chenille, qui pourrait encore crier à  la processionnaire ? Non, vraiment, ça ne peut qu’être un troll…

Bon, je sors mon petit visuel habituel conçu spécialement pour cette situation (et que vous pouvez télécharger ici), et je réponds à Véronique qui s’intéresse aux chenilles. Je n’ai pas capturé la suite de la conversation, c’est sans intérêt pour cet article.

c10.PNGPlus bas dans les commentaires, une dénommée Elodie souligne une fois de plus que tout détruire n’est pas en accord avec les valeurs de la permaculture. Je suis assez d’accord avec elle sur le fond, même s’il n’est pas question de nature qui reprend ses droits ou d’invasion de chenilles : la grande tortue (comme les hyponomeutes) est une espèce dont les chenilles sont grégaires, et c’est tout à fait normal de les observer en grande nombre.

Et puis monsieur L. revient à la charge dans un hors-sujet total : il évoque une « invasion de chenilles qui arrivent de Chine » (les pyrales du buis, oui, mais qui les a importées ?), d’abeilles (peut-être pense-t-il au frelon asiatique – mais qui l’a importé ?) et de coccinelles (… qui a importé les coccinelles asiatiques ?). À le lire, on s’imaginerait une armée d’insectes qui traverseraient les continents, avides de tout détruire sur leur passage. Bref, une fois de plus il rejette la faute sur les autres (les insectes ou les chinois, je n’ai pas trop compris où il voulait en venir), mais ne se remet pas du tout en question.

À ce stade de la conversation, je me dis qu’on a touché le fond. Et pourtant…

c11.PNGVisiblement, lire les commentaires déjà postés avant de répondre, c’est trop compliqué. Une fois de plus, les chenilles sont identifiées comme des processionnaires. Pire même, selon Mélanie, toutes les chenilles noires et poilues sont des processionnaires, alors que les processionnaires françaises ne sont même pas noires…

Je m’arme donc de patience, de bienveillance et d’un smiley gentil pour poster à nouveau mon petit visuel. Et Mélanie me répond en m’envoyant une photo de « la chenille processionnaire ». Je pense qu’on ne voit pas bien sur la capture d’écran, alors je vous la remets plus bas en grand.

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Vous la reconnaissez ? Avec sa tête bleue maculée de deux points noirs, sa ligne médiane blanche entourée de rouge, de noir et de bleu, et sa fine pilosité orange, c’est la chenille de la livrée des arbres (Malacosoma neustria), aussi mignonne qu’inoffensive.

c12.PNGLa suite se passe de commentaires. Je suppose, ou plutôt j’espère, que le « professionnel » qu’évoque Mélanie était bien venu détruire des cocons de processionnaires, et que cette petite livrée se trouvait au même endroit. Parce que si le professionnel est venu détruire un nid de livrées des arbres (grégaires aux premiers stades larvaires) et qu’il n’est pas capable de la distinguer des processionnaires, il y a un réel problème…

Quelques commentaires sans intérêt ont suivi, incluant une nouvelle fausse-identification des chenilles à laquelle j’ai une foi de plus répondu poliment avec mon petit visuel, et la conversation s’est essoufflée. Ce post m’est sorti de la tête, jusqu’à ce qu’un mois plus tard, Monsieur L. poste cette photo sur le même groupe.

c13.PNG

Tout ce que Monsieur L. aura retenu de cet échange, c’est que ses chenilles étaient bien des processionnaires, et qu’il a bien fait de le tuer.

Prenons un peu de recul sur cette histoire. J’ai brièvement épluché la littérature sur les ravageurs du cerisier, et la grande tortue n’est pas citée comme une réelle menace.

Le 20 mai, soit 2 jours après ce débat sur Facebook, j’ai examiné un cerisier qui se trouve dans le jardin de mon arrière grand-mère. C’est un arbre plutôt jeune, qui ne produit pas encore beaucoup de cerises. J’y ai trouvé les traces de passage de la grande tortue : beaucoup de feuilles avaient été consommées, mais j’arrivais trop tard pour voir les chenilles, qui étaient déjà devenu chrysalides.

 

Vous pouvez constater plusieurs choses en observant ces photos :

  • Les chenilles sont restées groupées tout au long de leur développement, comme l’atteste la présence de mues (peaux vides) regroupées sur les feuilles. Elles ne se sont pas dispersées sur tout l’arbre.
  • Par conséquent, elles ont principalement consommé les feuilles situées sur quelques branches, et non affaibli toutes les branches.
  • Elles n’ont consommé que les feuilles et n’ont pas touché aux cerises.

 

Le 28 août, soit plus de 3 mois plus tard, je suis retournée voir ce cerisier. On ne voyait plus aucune trace du passage des chenilles. Le cerisier n’avait pas du tout été impacté par leur présence.

J’en reviens au sous-titre de cet article.

Pourquoi se débarrasser des chenilles ?
Mes propos portent évidemment uniquement sur les espèces indigènes – il est évident que la Pyrale du buis n’a pas sa place dans nos écosystèmes.
Par la place qu’elles occupent dans les écosystèmes, les chenilles jouent un rôle important et essentiel à leur bon fonctionnement. Elles fournissent une alimentation riche aux oiseaux insectivores : rouge-queues, mésanges et autres passereaux consomment un grand nombre de chenilles au printemps, et en rapportent au nid pour nourrir leurs jeunes. Au stade adulte, les papillons « de jour » comme « de nuit » participent à la pollinisation, et continuent à alimenter les oiseaux, mais aussi les chauve-souris et autres mammifères insectivores. Elles ont donc tout à fait leur place dans nos jardins et nos forêts.

Je comprends  bien qu’il puisse être nécessaire, dans certaines situations, de se débarrasser des chenilles, mais les brûler n’est pas la seule solution ! Et surtout, dans le cas de ce Monsieur L., la destruction des chenilles n’était vraiment pas nécessaire…

 

19 commentaires sur « La processionnaire du cerisier, ou pourquoi se débarrasser des chenilles »

  1. Bonjour, merci pour cet article très intéressant. Ce matin au réveil, j’ai constaté la défoliation massive de deux branches de mon cerisier. J’ai crié « Au loup ! » en recherchant les « ravageurs du cerisier » sur Internet; votre page m’a permis d’identifier positivement la chenille de Grande Tortue. Ouf !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonsoir,
    A mon tour je vous remercie pour vos explications. Nous avons trouvé ces chenilles dans le cerisier. On voit bien qu’elles ne mangent que les feuilles. Il est vrai qu’elles ressemblent beaucoup aux processionnaires – en tout cas pour les novices que nous sommes – mais un petit tour sur internet nous a permis de les identifier.
    Contrairement à M.L qui a détruit sans connaître, un des principes de la permaculture est d’observer avant d’intervenir (le moins possible). Je pense que nous avons une jolie colonie de grande Tortue. Je me réjouis d’observer leur évolution.

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  3. Bonsoir,
    Et bien quelle surprise, des tas de chenilles sur l’un de mes jeunes cerisiers. Pas sur toutes les branches, elles ont grignoté très férocement la cime de quelques branches et se collent les unes aux autres. Les cerises en gestation, elles, sont bien là !
    Première réaction : elles ont l’air bien poilues … est-ce dangereux pour mon malinois qui flaire tout ce qui traîne par terre ? vont-elles rester dans le cerisier jusqu’à l’éclosion ? bref, j’ai flâné sur le web et je suis tombée sur ma chenille, c’est bien celle de la Grande Tortue ! ok on va la laisser tranquille ! mais je n’ai lu nulle part si il y avait danger pour chat ou chien ! vous dites dans votre plaidoyer : pas de souci ! mais est-ce bien sur ? sinon la solution radicale, couper le jeune cerisier et aller le déposer dans un champ éloigné …..
    Qu’en pensez-vous ?
    Cordialement.
    Nicole

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    1. Bonsoir en tout cas elles ne sont pas du tout irritantes pour la peau malgre leurs petits piquants a l air feroce. Je ramasse a la main celles qui tombent sur la terrasse pour les remettre dans l arbre.

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  4. Bonsoir , j’ai cru comprendre que vous étiez un spécialiste de la chenille et du papillon .
    Je me permet donc de vous posez une question .
    J’ai sur mes pommiers et sur mes cerisiers un type de chenille que je n’arrive pas à identifier.
    Portier vous m’aider svp .
    Merci d’avance .

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    1. Bonjour,
      Je ne suis pas à proprement parler une spécialiste, je m’intéresse seulement aux chenilles depuis quelques années et ne connais pour le moment que les espèces les plus communes. Mais vous pouvez malgré tout m’envoyer vos photos de chenilles à l’adresse chenilles-net@gmail.com, et je ferai mon possible pour les identifier 🙂
      Bonne journée,
      Lisa

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      1. Bonsoir j’ai envoyé deux mail avec la photo en question mais les deux mails me reviennent non transmit .
        Avez vous une autre adresse svp .

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  5. Merci beaucoup pour votre article ! Nous avons découvert ces chenilles dans notre cerisier mais grâce à vous, nous voilà rassuré et nous allons laisser ces chenilles faire leur vie et devenir de jolis papillons ! Merci pour votre éclairage !

    Aimé par 1 personne

  6. Un grand merci pour ces renseignements qui vont m’éviter défaire des bêtises. Très instructifs. Je vais regarder mes chenilles de cerisiers se développer et passer l’info à mes voisins . Encore merci .

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  7. Bonjour, j’ai repère ces chenillessur un cerisier très jeune avec très peu de feuilles. Autant dire que les chenilles ont dévoré la moitié ! Ayant peur que cela retarde sa croissance, il a à peine 2 ans et ne voulant pas tuer de futurs papillons. Pensez vous qu’il soit possible de déplacer les chenilles sur mon gros cerisier qui se trouve 20 mètres plus loin?

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      1. Bonsoir, merci pour la rapidité de réponse. Je vais procéder au déménagement dès demain matin.

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  8. Bravo pour votre article, grâce à vous nous sommes soulagé pour notre cerisier qui semblait en souffrance à la vue de ses feuilles. Nous laisserons ces chenilles tranquilles même si elles ont pourtant mangées plus d’un quart des feuilles du cerisier, en effet les cerises sont toujours là et rougissent. Bientôt de jolis papillons que nous regarderont avec nos enfants.. Merci à vous!!

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  9. Je suis face à un cerisier sur lequel j’ai vu une chenille, j’ai partagé sur les réseaux sociaux et on me dit processionnaire, je suis pas sûr.
    Les fruits mâtures sont quasi tous avec une ou deux larves dedans. Ce qui m’étonne c’est que je n’en ai vu qu’une seule. J’aimerais pouvoir partager cette photo avec vous afin d’avoir des infos sûres.
    Bien à vous.

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