Quelques chenilles de Vanoise

Comme je l’évoquais dans l’article précédent, j’ai eu la chance cet été de passer plusieurs semaines en Vanoise. J’ai donc eu l’occasion de croiser un certain nombre d’espèces de chenilles différentes, dont certaines que je n’avais jamais rencontré auparavant ! Ces dernières ne feront pas toutes l’objet de pages individuelles sur le site, puisque j’y parle en priorité des chenilles communes que l’on trouve un peu partout dans nos campagnes. Reste qu’elles ont tout à fait leur place ici, alors ce petit article leur sera consacré !

  • Hétérocères

L’alpine (Malacosoma alpicola)
Présente partout et souvent en grand nombre, cette jolie chenille poilue y est parfois confondue avec les chenilles processionnaires. Pourtant, elle n’a pas grand chose à voir avec les redoutées urticantes. La raison de cette confusion : ses poils, et son caractère grégaire. On peut en effet parfois observer de grands groupes de ces insectes, se déplaçant parfois même en procession !

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1.jpgEt non, ce ne sont pas des processionnaires ! Photo : Martin Fargeat

L’alpine fait partie des 4 espèces françaises du genre Malacosoma. Toutes partagent les mêmes couleurs, et il est parfois difficile de les différencier : constatez par vous-même en cliquant ici ! Pour reconnaître l’alpine, retenez qu’elle ne possède pas de points noirs sur la tête (contrairement à M. neustria) et qu’on la rencontre surtout en altitude (au dessus de 1000 mètres), dans les Alpes, le Jura et les Pyrénées.

La Laineuse de l’aulne vert (Eriogaster arbusculae)
Pour rester dans la famille des Lasiocampidés, une belle laineuse découverte sur un saule. Elle fait partie des 4 espèces françaises du genre Eriogaster et se rencontre essentiellement dans les Alpes, sur des plantes telles que les aulnes et les saules.

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L’Écaille du plantain (Parasemia plantaginis)
Toujours dans les hétérocères mais dans une famille différente (les Érébidés), une chenille dont la toison est assez caractéristique du groupe des écailles : l’Écaille du plantain. Elle se reconnaît facilement à sa coloration d’un noir profond et sa tache rousse plus ou moins bien délimitée et étendue sur le dos. À cela s’ajoutent quelques soies blanches à l’arrière du corps, une petite tête noire luisante et une démarche rapide, elle aussi caractéristique des écailles.

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Son papillon s’observe lui aussi facilement dans la végétation.

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L’Écaille tiretée (Ocnogyna parasita)
Une autre écaille plus joliment colorée d’orange avec une ligne dorsale jaune bien marquée. Elle se rencontre en France uniquement dans les Alpes. J’ai eu l’occasion de croiser sa chenille à quelques reprises, mais pas son papillon.

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Une inconnue…
Pour terminer avec les hétérocères, une petite chenille que j’ai supposé être elle aussi une écaille (ou, du moins, une représentante de la sous-famille des Arctiinae). Mes recherches ne m’ont pas permis de l’identifier, mais si vous avez une idée de son identité, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires !

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  • Rhopalocères

Le damier des alpages (Euphydryas cynthia)
Chez les rhopalocères cette fois-ci, je commence avec la famille des Nymphalidés (c’est, entre autres, la famille du Paon du jour ou du Vulcain). L’une des premières chenilles que j’ai pu voir en Vanoise fut celle du damier des alpages, un magnifique papillon qui possède une curieuse particularité : chez cette espèce, le dimorphisme sexuel (différence entre les individus mâles et femelles) est très marqué. Ce caractère est assez rare chez les papillons de jour, du moins chez les espèces françaises.

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Sur les photos ci-dessous, vous remarquerez donc l’importante différence de couleur entre la femelle et le mâle.

4Madame

17Monsieur

18Monsieur et madame

5Femelle tout juste sortie de sa chrysalide, à laquelle est encore accrochée la dernière mue de sa chenille.

Quelques autres « mélitées »
Mélitées et damiers appartiennent à la même sous-famille des Melitaeinae. Ci-dessous, voici quelques individus croisés que je n’ai pas encore tenté de déterminer – il faut avouer que beaucoup d’espèces se ressemblent !
Vous pouvez remarquer sur ces 5 photos les critères morphologiques permettant de supposer qu’il s’agit d’espèces de cette sous-famille : la présence de soies épineuses et une tête relativement grosse, légèrement bilobée.
L’une de ces chenilles m’a pourtant interpellée : la noire constellée de blanc. Il s’agit sans doute d’un Damier de la succise (Euphydryas aurinia), une espèce protégée au niveau national, mais je ne m’attendais pas à la trouver en ce lieu et je n’ai vu aucun imago.

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Un petit « azuré »
Difficile de se prononcer sur l’identité de cette petite chenille de la famille des Lycaenidéstrouvée sur des feuilles de Sainfoin des montagnes. Dans cette famille, plusieurs espèces sont connues pour être myrmécophiles : c’est-à-dire qu’elles se développent en symbiose avec des fourmis. La myrmécophilie est surtout connue chez les espèces du genre Phengaris ( = Maculinea).
Toutes les chenilles similaires que j’ai pu observer ce jour-là étaient entourées de fourmis, mais je ne sais exactement par quel lien elles sont reliées.

  • Quelques papillons…

Je n’ai hélas pas pu photographier les chenilles de tous les papillons que j’ai croisés, mais voici cependant quelques belles espèces que j’ai rencontré au cours de ce séjour.

L’Écaille alpine (Setina aurita)
C’est une toute petite écaille discrète que l’on peut trouver dans la végétation rase des alpages. J’ai eu l’occasion de la croiser à deux ou trois reprises.

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L’Écaille martre (Arctia caja)
Cette écaille est plutôt commune et n’est pas inféodée au milieu montagnard : on peut la rencontrer un peu partout en France. Pourtant, c’est la première fois que je croisais un individu adulte sauvage. C’est une très belle et grande espèce.

Arctia caja (2).png

La Piéride du Vélar (Pontia callidice)
Une petite piéride que l’on rencontre dans les Alpes et les Pyrénées. Elle n’est pas forcément identifiable à partir de cette photo, mais je l’ai déterminée « en main » !

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Le Candide (Colias phicomone)
Il fait partie des papillons du genre Colias, dont l’identification est souvent difficile. Il faut pour cela observer le dessus des ailes – et là encore, ce n’est pas toujours simple.

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LAzuré des soldanelles (Agriades glandon)
C’est un tout petit azuré que l’on rencontre en montagne. Celui-ci était immobile sur une graminée à l’approche d’un orage.

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L’Apollon (Parnassius apollo)
C’est un peu un « incontournable » en montagne : ce grand Papilionidé blanc aux ocelles rouges est protégé en France. La prise de vue est plus originale qu’autre chose, mais cet individu n’était pas très coopératif pour se montrer sous le bon angle !

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Ce petit récit-photo s’achève ici… En espérant que je puisse retourner là-haut à la belle saison prochaine pour tenter de photographier d’autres espèces que je n’ai pas eu la chance de croiser cette année !

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