Des processionnaires dans mon salon

Il y a quelques jours, en traversant la campagne Bressane, nous avons aperçu au bord de la route une plantation d’arbres et arbustes ornementaux. Parmi eux, des pins de petit et moyen gabarit, dont certains portaient au sommet de leurs branches des cocons ronds de soie blanchâtre. Il s’agissait de « nids » de chenilles Processionnaires du pin. 

La Processionnaire du pin est une espèce bien présente dans ma région, mais je n’ai pas souvent l’occasion de tomber sur des nids occupés. Et surtout, la plupart du temps, ces nids sont inaccessibles : soit parce qu’ils sont trop hauts sur l’arbre, soit parce qu’ils se trouvent dans un jardin clos. Jusqu’ici, je n’avais donc jamais eu l’occasion d’observer de près des chenilles processionnaires. Mais là, les pins au bord de la route étaient tout à fait à portée de mon petit mètre-cinquante-sept : l’occasion était trop belle ! 

Au retour, nous nous sommes donc arrêtés au bord de la route pour aller observer les chenilles. Il n’y avait que deux ou trois nids au bord de la route, et un seul finalement était assez bas pour que Martin puisse abaisser la branche à mon niveau. 

Dans un premier temps, je déambulais timidement sur ce terrain que je savais privé (même si non clôturé), mon appareil photo à la main, à la recherche d’un nid plus bas. Cela ne devait faire que quelques minutes que nous étions là, quand une voiture se gara sur le bas côté, en face de la nôtre. Un homme sortit et s’approcha de nous : c’était, bien sûr, le sylviculteur exploitant de cette parcelle, qui voulait savoir ce que nous faisions ici. Sa réaction était bien légitime : à quelques semaines des fêtes, nous étions bien suspects à nous balader dans une plantation de résineux, dont certains étaient peut-être destinés à finir en sapins de Noël. 

J’allais à sa rencontre et lui expliquais l’objet de ma présence ici : nous avions vu des nids de processionnaires dans ses pins, nous voulions profiter de leur accessibilité pour les prendre en photo. Il sembla amusé et nous donna son accord pour nous approcher et les observer. On pouvait même, si on le souhaitait, couper une branche pour observer le nid de tout près, car il avait de toutes façons prévu de retirer et brûler les nids prochainement. Voyant que nous hésitions, de peur d’abîmer le pin, il arracha lui-même une branche portant un nid, qu’il nous donna : nous pouvions en faire ce que nous voulions, du moment qu’on ne la remettait pas dans le pin. Et nous sommes repartis chacun de notre côté, nous avec un nid et lui avec une drôle d’anecdote à raconter.

J’étais trop contente, avec mon nid dans les mains, mais aussi un peu inquiète. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir en faire maintenant ? Je connais bien sûr la réputation des chenilles processionnaires et leur potentiel urticant. Il faudrait être inconscient pour ramener ce nid à la maison et l’installer au milieu du salon, comme un petit sapin de Noël !

Mais alors, quelles autres options s’offraient à moi ? Trouver un pin à côté de chez moi, pour y installer le nid ? Trop risqué, quelqu’un pourrait le trouver et le détruire… Installer les chenilles dans ma cour, sur un petit pin d’ornement ? Pas assez discret, les voisins le remarqueraient et je ne voudrais pas qu’on me fasse de remarques. Les installer à l’étage de la remise, dans une grande cage d’élevage ? Je n’en ai plus, elles sont déjà toutes occupées par les cinquante Bombyx de la ronce qui passent l’hiver dans notre remise ! Alors tant pis, pas question de passer à côté d’une occasion pareille : j’ai ramené le nid à la maison, et je l’ai installé au milieu du salon. 

Petit point important avant de vous raconter la suite : il ne faut pas prendre à la légère les capacités urticantes des chenilles processionnaires. Si je me suis permise de prendre le risque, c’est pour plusieurs raisons : 

  • C’est surtout au dernier stade de développement que les chenilles Processionnaires du pin sont réellement urticantes. Les chenilles présentes dans mon nid sont encore jeunes et à peu près inoffensives. Il sera toujours temps d’aviser si des effets indésirables se font ressentir au dernier stade.
  • Ma peau n’est pas particulièrement sensible aux soies des chenilles : j’ai manipulé au cours des dernières années pas mal d’espèces de chenilles « poilues », y compris réputées urticantes, et aucune ne m’a causé de réactions cutanées significatives. Il avait fallu que je roule (gentiment) une chenille de Bombyx cul-brun sur le pli de mon coude, zone sensible, pour déclencher quelques rougeurs et picotement qui se sont dissipés en un quart d’heure. 
  • Le rythme de vie des chenilles et leur caractère très casanier rend la cohabitation facile. Concrètement, les chenilles sont invisibles le jour et ne sortent qu’à la tombée de la nuit pour se nourrir des aiguilles de pins présentes sur les branches les plus proches du nid. Elles ne quittent jamais l’arbre (dans mon cas, la branche) avant la procession finale, et restent toujours groupées. Mais je détaillerai tout ça plus bas !
  • Cette expérience va me permettre d’étudier leur comportement et de préparer une page très complète sur la Processionnaire du pin, avec plein de photos personnelles. 
  • Et pour finir, le risque fait partie de l’intérêt de l’expérience ! Jean-Henri Fabre, dans ses Souvenirs entomologiques (extrait ici), raconte comment il a élevé des Processionnaires du pin, et détaille les désagréments liés au contact des poils urticants des chenilles, qu’il a lui-même expérimentés. Et plus récemment, André Lequet dans ses pages entomologiques a réalisé un suivi d’élevage très intéressant (lien ici), en prenant le risque de faire monter des chenilles sur sa main, ou de s’approche de très près du nid pour les photographier… Alors moi aussi, je veux tenter l’expérience.

Place à présent aux photos, et au récit de cet élevage improvisé !


Mardi 16 novembre. En rentrant à la maison, j’examine minutieusement le nid. Vu de l’extérieur, on ne devinerait pas la présence des chenilles. Je me demande même si elles sont bien vivantes. Je laisse la branche au sol, encore dans son sac poubelle, en me disant que je verrai bien le lendemain ce que je vais en faire. 

Mercredi 17 novembre. Au réveil, surprise : il y a plein de petites déjections au pied de la branche, et les aiguilles ont été grignotées. Quelques chenilles sont encore visibles mais la majorité est rentrée à l’abri au petit matin.

Je décide d’installer le nid dans un grand vase, avec un peu d’eau au fond pour maintenir la branche en bon état, et j’observe timidement les chenilles. A ce stade je n’ose pas trop les approcher, ne sachant pas trop à quoi m’attendre, et je me contente de les observer de pas-trop-près. 
Le soir, au retour d’une randonnée, les chenilles sont de sortie. Et elles sont beaucoup plus nombreuses que ce que je pensais !

Je constate qu’elles sont très sensibles au dérangement : elles réagissent à la voix et à la lumière, et filent vite se cacher dans le nid lorsqu’elles se sentent en danger. Et tout cela est bien organisé : elles se déplacent les unes dernière les autres, en procession, par mouvements saccadés. Elles parviennent aisément à se faufiler entre les couches de leur nid de soie pour en rejoindre le cœur. Pour un prédateur, cette structure est difficilement pénétrable : la soie est tissée de manière très dense, en nombreuses couches formant un matériau épais. 

Lundi 22 novembre. Cela fait près d’une semaine que nous cohabitons avec les chenilles, et jusqu’ici, aucun désagrément ne s’est manifesté. J’ai remarqué que les chenilles attendent toujours que nous soyons couchés pour sortir : si nous traînons un peu tard dans le salon, même sans éclairage important, nos voix suffisent sans doute à les dissuader de sortir. Si nous sommes à l’extérieur en revanche, et que nous rentrons après la tombée de la nuit, alors nous les surprenons en pleine activité, et elles se dépêchent de rentrer dans le nid en percevant notre présence. 
Ce lundi matin, le soleil s’est levé, et quelques dernières chenilles sont encore actives hors du nid. Je profite de l’occasion pour installer le nid dehors, le temps de faire quelques photos à la lumière du jour – comme vous pouvez le voir, les photos au flash du dessus ne sont pas terribles !

En voulant tourner la branche pour changer l’angle de prise de vue, je pose accidentellement mon doigt tout contre une chenille. Maladresse de ma part ! Je crains déjà le pire. J’ai touché une chenille processionnaire, que va-t-il se passer ? Je m’éloigne du nid, inquiète, observant ma main en attendant une réaction…
Et il ne se passe rien. Rien du tout, pas la moindre rougeur. Je me dis que j’ai sans doute eu de la chance, et je rends aux chenilles leur tranquillité. 

Le soir, on part à Bouvesse chercher de nouvelles branches de pin, parce que celle portant le nid est bien dégarnie. Les chenilles sont de sortie à notre retour. Confortée par mon expérience du matin, je tente de faire monter une chenille sur ma main. Ce n’est pas chose facile (j’expliquerai pourquoi plus bas), alors je finis par détacher une aiguille de pin sèche sur laquelle se trouve une chenille, et la déposer sur ma main. D’abord hésitante, la chenille finit par se balader dans ma main et remonter sur mon bras. J’avoue que je ne suis pas tout à fait sereine : j’ai une chenille processionnaire sur la main, quand même !

Mais une fois de plus il ne se passe rien. Probablement parce que c’est une jeune chenille, pas encore très urticante. 

Vendredi 26 novembre. Depuis plusieurs jours, une amie est de passage à la maison, et dort dans le salon, à quelques mètres des chenilles. Après deux soirées passées à se coucher très tard, nous avons la confirmation que les chenilles perçoivent notre présence et ne sortent pas si nous sommes là. Ce vendredi soir, nous retournons à Bouvesse avec notre amie pour observer les Phalènes et Hibernies qui volent en ce moment. Nous rentrons après minuit, et les chenilles sont sorties.

Elles ont une façon particulière de se nourrir : elles se regroupent toutes au sommet de la même branche, et grignotent à deux ou trois la même aiguille. 

Dimanche 28 novembre. Les chenilles grandissent. Nous les surprenons en plein repas en rentrant tard : c’est la première fois qu’elles sont si nombreuses, je suppose que la famille est au complet ! Elles se sont réparties par groupes sur les différentes branchettes de pin. Certaines ne sont pas dérangées par ma présence et continuent de manger, d’autres rentrent vite se mettre à l’abri. Constatant qu’elles se suivent presque toujours de très près, et qu’au cours de chaque déplacement elles laissent derrière elles un fil de soie sur la branche, je suppose que la soie leur sert de « fil conducteur » pour connaître le chemin à emprunter pour se nourrir, puis celui à emprunter pour retourner au nid. J’avoue que je n’ai pas encore trop fait de recherches à ce sujet, mais un phénomène similaire a été démontré chez les Laineuses, alors ça ne m’étonnerait vraiment pas ! Me vient alors l’idée d’une petite expérience : au moment où une chenille redescend de sa branche vers le nid, en suivant donc un fil de soie, je pince la branche juste devant elle, la forçant à passer par dessus mon doigt pour retrouver le chemin du nid. Et sans surprise, la chenille est perdue : elle fait demi tour, revient jusqu’à mon doigt, commence à monter dessus puis se ravise, en gardant toujours la dernière paire de fausses pattes en contact avec la branche. Je ne sais pas exactement si le phénomène observé répond vraiment à mes hypothèses, mais je suppose que ces fils de soie ont une grande importance pour l’orientation de la chenille, et qu’elle est « perdue » si elle perd cette piste. Il doit aussi y avoir des phéromones qui entrent en jeu. Enfin, je suis sûre que ce phénomène a déjà été étudié, alors je vais me renseigner !

Mardi 30 novembre. Rien de très intéressant à rapporter, si ce n’est que j’ai constaté que certaines chenilles s’obstinaient à retourner s’alimenter sur des branches qui ont déjà été quasi-totalement consommées, alors qu’il y a des branches fraiches juste à côté. Elles se nourrissent alors de la base des aiguilles, délaissée par les chenilles passées plus tôt. Résultat logique, leurs déjections sont plus sombres que celles des chenilles se nourrissant d’aiguilles fraiches. Cela s’observe facilement, parce que j’ai disposé mon « vase d’élevage » au sol, et que les déjections tombent sur le carrelage blanc juste en dessous de l’endroit où les chenilles s’alimentent. En photo, le résultat d’une nuit de grignotage !

 

Concernant les hypothèses formulées dimanche soir : je me suis renseignée, et ce n’est pas tout à fait ça. Ce n’est pas tant les fils de soie tissés par les chenilles qui important pour l’orientation des individus, mais plutôt les phéromones qu’elles déposent sur les branches. J’en parlerai sans doute plus en détail dans l’article dédié à la Processionnaire du pin (il me manque encore de belles photos pour m’y mettre !), et ce sera l’occasion de faire d’autres recherches sur cette espèce, forcément très étudiée pour son impact sur la santé humaine. Mais si le sujet vous intéresse, le résumé de cette étude explique l’essentiel. 

Vendredi 3 décembre. Ce matin, aucune déjection nouvelle au pied du nid. Hier soir, j’ai retiré les vieilles branches grignotées pour les échanger avec de nouvelles, plus fraiches. J’ai dû un peu les perturber, en remuant le nid… C’est peut-être pour ça qu’elles ne sont pas sorties ? 

Samedi 4 décembre. Seulement quelques déjections sous le nid, issues de vieilles aiguilles toute desséchées. Elles ne semblent pas s’intéresser aux branches fraiches ! 

Lundi 6 décembre. Il y a du nouveau ce matin. Hier soir nous avons dû déplacer le vase qui contient le nid, pour installer à son emplacement nos 4 cailles en convalescence. Elles vivent habituellement dans une grande volière dans la cour, mais depuis peu elles ont toutes développé des soucis de santé, alors nous les avons rentrées au chaud pour l’hiver, et certaines ayant le privilège d’être en liberté dans le salon, il valait mieux les tenir à bonne distance des chenilles. Hier soir donc, Martin avait placé le nid sur la table de la cuisine, à environ 5 ou 6 mètres de son ancien emplacement. 
Ce matin, une dizaine de chenilles se nourrissait encore au moment où je suis descendue. J’ai pu constater qu’elles avaient grandi, et donc mué, depuis la dernière fois : c’est peut-être pour ça qu’elles étaient moins actives ? Elles possèdent à présent une tête plus volumineuse et des soies latérales d’un gris plus vif. J’ai l’impression aussi que leur pilosité est plus dense. Jusqu’ici rien d’anormal, jusqu’à ce que je remarque, vers 10 heures, que quelque chose gigotait sous la chaise du bureau, juste à côté des cailles : une chenille ! Mais que faisait-elle là ? Désorientée, elle se dressait vers le haut, cherchant sans doute à retrouver le chemin de son nid. Elle accepta de monter sur mon index droit, que je lui présentais avec méfiance – elles ont mué, alors leur potentiel urticant est sans doute plus important que précédemment. Je me levais pour aller la remettre près de son nid, quand j’ai remarqué la présence d’une seconde chenille, juste à côté de l’ancien emplacement du vase. Elle aussi désorientée, elle accepta sans rechigner de monter sur mon index gauche. Une processionnaire dans chaque main, j’avoue que je ne faisais pas trop la maline : je me suis dépêchée de les remettre sur leur nid. Pendant un moment, je n’osais plus rien toucher, et je gardais mes mains éloignées du reste de mon corps au cas où. Mais une fois de plus, aucune réaction ne se manifesta. 

Les deux chenilles se sont vites regroupées, formant une procession à deux. Elles ont fait quelques allers-retours entre le nid et le sommet de la branche au-dessus, avant de se décider à rentrer. J’en ai profité pour faire quelques photos : c’est toujours aussi difficile de les avoir nettes, comme elles bougent tout le temps !

Il faut que je mette en place un système pour éviter que ce genre d’incident se reproduise. Je suppose que ces deux chenilles étaient tombées du nid (comment, pourquoi ?) depuis la veille, et étaient passées inaperçues. Je vais installer une caisse en plastique sous le vase.

Mardi 21 décembre. Je n’ai pas mis à jour cet article depuis un petit moment, mais en même temps il n’y avait pas grand chose à raconter ! Les chenilles vont bien et vivent toujours dans notre salon, sans désagrément particulier à signaler.

J’ai installé leur nid sur le bord de la fenêtre, dans une grande caisse en plastique pour éviter que celles qui tombent du nid (ça arrive régulièrement) se baladent trop dans la maison. Le système fonctionne très bien, car les chenilles ont du mal à remonter les parois en plastique verticales.

C’est toujours aussi passionnant de les observer. Leurs habitudes restent inchangées : elles sortent la nuit pour se nourrir, et retournent le matin se cacher dans leur nid.
Je me demande quand aura lieu la procession. Comme la température du salon est plus élevée que la température extérieure (environ 19°C, peut-être un peu moins sur le bord de la fenêtre), la procession aura sans doute lieu beaucoup plus tôt que dans le milieu  naturel. Je pense que j’installerai de la terre au fond de la caisse en plastique, pour qu’elles puissent s’enterrer : l’essentiel, c’est qu’elles ne processionnent pas dans notre salon ! 

Jeudi 6 janvier 2022. Les chenilles ont passé de bonnes fêtes de fin d’année, et j’espère que vous aussi. Encore une fois je n’ai pas trop documenté l’avancée de cet élevage, parce qu’il n’y avait pas grand chose à raconter. Elles ont continué leur développement sans encombre, et ont atteint une belle taille. Leur « nid » ou « cocon » ne ressemble plus à grand chose : troué de toutes parts, son dessous s’est percé et déborde sous le poids et la masse des déjections des chenilles. 
Aujourd’hui, elles sont toutes descendues le long de la branche qui porte leur nid, et se sont retrouvées coincées dans le bocal. Ce n’est pas la première fois que ça arrive : en général, elles se retrouvent là parce qu’elles cherchent à manger, et finissent par retrouver le bon chemin (soit vers le nid, soit vers les branches fraiches mises à leur disposition). Mais là, comme elles font déjà une belle taille, je me demande si elles ne cherchent pas à se nymphoser ? Je n’interviens pas pour le moment, j’aviserai demain si elles sont toujours là. 

Samedi 8 janvier 2022. Je suis intervenue ce matin. Depuis jeudi elles n’avaient pas bougé, et ce matin elles formaient toujours une grosse masse au fond du bocal. Je dois reconnaître que mon système d’élevage n’est vraiment pas optimisé ! 
Il fallait donc agir, et on ne savait pas trop, Martin et moi, si les chenilles voulaient se nymphoser ou si elles étaient juste coincées. La présence d’une toile de soie tissée par les chenilles au fond du bocal, comme un nid de fortune, faisait pencher la balance en faveur de cette seconde hypothèse. Je suis allée chercher dans la remise la grande cage d’élevage en bois dans laquelle j’avais tenté de faire hiverner des chenilles de Bombyx de la ronce (sans surprise, ce fut un échec…). J’ai transféré toutes les chenilles du bocal dans une bassine le temps d’aménager tout ça. Martin a mis de la terre au fond de la nouvelle cage d’élevage, et j’y ai disposé le nid, vide (puisque toutes les chenilles étaient au fond du bocal), ainsi que des branches de pin, de façon à ce que les chenilles puissent aller et venir du nid à la terre sans se retrouver coincées. Puis j’ai disposé la moitié des chenilles sur le nid, et l’autre moitié sur la terre. 
Verdict : elles étaient simplement coincées, ce n’est pas encore le moment de la nymphose. Toutes les chenilles posées sur le nid y sont entrées immédiatement. Celles posées sur la terre sont perdues, cherchent à rejoindre le nid et n’y parviennent pas, sans doute parce qu’il n’y a pas de « chemins » de phéromones permettant de les y guider, puisque j’ai chamboulé tout leur environnement. Elles grimpent, seules, le long des parois, ou bien forment des processions miniatures de deux ou trois individus. Un individu semble s’être enterré ? 
Je vais les aider en remettant les chenilles égarées sur le nid avec une cuillère à soupe (ça fonctionne très bien). Au passage, je remarque que je n’ai toujours pas développé la moindre réaction au contact des chenilles, alors que je n’ai pas pris de précautions particulières ce matin. On peut même dire que je n’y suis pas allée de main morte : j’ai déchiré leur « nid secondaire » qui se trouvait au fond du bocal, pour les extraire à la cuillère, alors je les ai fortement dérangées. Elles ne m’ont pas « projeté » de poils urticants comme je l’ai déjà lu sur certains sites douteux. Mais je ne tirerai pas de conclusion hâtive avant d’avoir terminé cet élevage.

Affaire à suivre, je mettrai cet article à jour régulièrement.

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