Le Cossus gâte-bois

Par sa taille impressionnante (jusqu’à 10 centimètres !) et son aspect original, la chenille du Cossus gâte-bois est impossible à confondre avec les autres chenilles françaises.

Ce gros papillon « de nuit » appartient à la famille des Cossidés, représentée en France par 7 espèces réparties dans 2 sous-familles. La plupart partagent la particularité de se nourrir non pas de feuilles comme la majorité des chenilles, mais de l’intérieur du bois de nombreux arbres. Le Cossus gâte-bois est, avec la Zeuzère du poirier, le représentant de cette famille le plus souvent observé dans les jardins.

Comment reconnaître cette chenille ?

Le cossus gâte-bois.png

Plantes hôtes

La chenille se nourrit de l’intérieur des troncs de divers arbres, notamment les saules, bouleaux, chênes, aulnes et arbres fruitiers, dans lesquels elle creuse des galeries. Elle reste dans les arbres durant la totalité de son développement larvaire, qui s’étale sur plusieurs mois voire plusieurs années.

Quand et comment sa chenille ?

On peut la rencontrer toute l’année, mais surtout au printemps, lorsqu’elle quitte son logis – des galeries creusées à l’intérieur d’un arbre qu’elle a consommé depuis sa naissance – à la recherche d’un lieu propice à la nymphose. On peut alors l’observer vagabonder dans l’herbe et sur les chemins, parfois pendant de longues minutes. Cela dit, certains individus ne s’embarrassent pas de trouver un lieu plus adapté que leur galerie natale, et se contentent d’effectuer leur nymphose à l’intérieur de l’arbre.
Le plus souvent, c’est en coupant les arbres qu’on la rencontre, généralement en compagnie d’autres individus. L’imago s’observe au printemps et en été.

Particularités

Cette chenille dégage une forte odeur de vinaigre caractéristique. Lorsqu’elle est dérangée, elle est capable de projeter un jet liquide tout aussi odorant. J’en ai fait l’expérience avec un individu d’élevage, qui avait réussi à trouer la boîte en bois dans laquelle je l’avais provisoirement déposé. Caché entre le fond de ma boîte et le petit tiroir qu’il contenait, elle risquait d’être écrasée lorsque j’ouvrais le tiroir : j’ai donc tenté de la déloger à l’aide d’un bâton. Elle n’a visiblement pas apprécié, puisqu’elle a aspergé et ma main et ma boîte de cet abondant liquide, tout en agitant ses mandibules. Morale de l’histoire : si vous souhaitez élever cette chenille, évitez les contenants en bois !

Cette chenille est-elle dangereuse ?

J’ignore si les jets cités ci-dessus sont acides et/ou dangereux, mais ses coups de mandibules peuvent faire mal. Il s’agit cela dit uniquement de moyens de défense, et par conséquent, la chenille laissée tranquille n’ira embêter personne.
En revanche, c’est pour les arbres que l’espèce peut être problématique. La présence d’un grand nombre de Cossus dans un même arbre peut causer un dessèchement de celui-ci, voire la mort pour certains fruitiers – d’où son nom de gâte-bois. Pour ces raisons, l’espèce est considérée comme nuisible par les forestiers et propriétaires de vergers, et des moyens de lutte sont employés pour éviter son expansion (pièges à phéromones, destruction des arbres habités…). Il semblerait que les arbres faibles et fragilisés soient les plus touchés.

Galerie photos

Cossus cossus (2)
Chenille mature sur un tronc d’arbre

Cossus cossus (3)
Chrysalide

Pour en savoir plus…

Biologie et développement du Cossus gâte-bois par André Lequet.
La page de l’espèce sur Lépinet.
Une note d’élevage de l’espèce extraite de la revue Insectes.

Dernière mise à jour de la page : avril 2020