Le Bombyx cul-doré (Euproctis similis)

Moins commune que celle de son cousin le Bombyx cul-brun, la chenille du Bombyx cul-doré (Euproctis similis) est considérée comme tout aussi ravageuse. Les deux espèces, très polyphages, ont toutefois des mœurs assez différentes.

Reconnaître le Bombyx cul-doré

Le cul-doréLa chenille du Bombyx cul-doré est noire, couverte de soies noires et grisâtres regroupées par de petites verrues. Elle porte sur le deuxième et le troisième quart de son dos une double-ligne rouge-orange, terminée de chaque côté par une petite barre perpendiculaire. À l’arrière de cette bande, deux points orangés sont plus ou moins visibles selon les individus. La double-ligne se poursuit sur le dessus du thorax de la chenille après avoir été interrompue par une petite bosse noire. Sa tête est noire avec un V blanchâtre.
Confusions possible. On peut confondre la chenille du Bombyx cul-doré avec celle du Bombyx cul-brun. Cette dernière n’est pas aussi sombre, sa ligne dorsale est moins longue et moins marquée, et ses deux taches rouges sont généralement bien visibles. Les deux espèces se ressemblent beaucoup au stade imaginal (= à l’état adulte), mais l’extrémité de l’abdomen du Cul-doré est généralement de couleur dorée, alors que celle du Cul-brun est de couleur… brune ! On peut également confondre les chenilles du Cul-doré avec celles de la Noctuelle de la patience. Dans la galerie photo plus bas, un visuel pourra vous aider à différencier les trois espèces.

Cycle de vie

La femelle Bombyx cul-doré dépose au mois de juillet ses 200 à 300 œufs, généralement au revers d’une feuille d’arbre. Comme celle du Bombyx cul-brun, elle a la délicate attention de les recouvrir de ses poils abdominaux dorés, qu’elle arrache à l’aide d’une petite pince située à l’extrémité de son abdomen. Peu après cette tâche fastidieuse, elle meurt.
Les œufs ne tardent pas à éclore, et contrairement à celles du Bombyx cul-brun, les jeunes chenilles se dispersent rapidement après l’éclosion. Elles commencent à grandir jusqu’en automne, puis se tissent une petite logette individuelle d’un demi-centimètre environ dans laquelle elles passent l’hiver. Au printemps, elles reprennent leur activité et poursuivent leur développement jusqu’en mai ou juin. Elles tissent ensuite un cocon de soie similaire à celui du Bombyx cul-brun dans le feuillage de leur arbre nourricier, et se nymphosent à l’intérieur. L’émergence des papillons a lieu au mois de juillet.

Plantes-hôtes

C’est une espèce polyphage qui se nourrit surtout de ligneux. On la rencontre sur les Bouleaux (Betula), les Aubépines (Crataegus), les Aulnes (Alnus), les Ormes (Ulmus), le Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), les Chênes (Quercus), la Bourdaine (Frangula alnus), les Nerpruns (Rhamnus), mais aussi les fruitiers comme les Pommiers (Malus domestica) et les divers Prunus. Certaines plantes basses sont également mentionnées comme plantes-hôtes occasionnelles : les Orties (Urtica), les Renouées du Japon (Reynoutria) ou encore certaines graminées, mais c’est surtout dans les arbres et arbustes que l’on rencontre cette chenille.

Répartition

Le Bombyx cul-doré est largement répandu en Europe tempérée et méridionale, ainsi que dans une partie de l’Asie. En France, on peut le rencontrer à peu près partout jusqu’à 1000 m.

Comment rencontrer cette chenille ?

On peut trouver cette chenille d’avril à juin en cherchant dans les arbres et arbustes. La journée, elle se tient immobile sur les feuilles ou les branches. Ses couleurs, le rouge et le noir, se repèrent assez facilement parmi la végétation.
Ses milieux de prédilection sont les bois clairs et humides, les haies et les broussailles.

Étymologie

Le nom de genre Euproctis est probablement relatif au fondement de l’insecte, le mot latin proctitis désignant une inflammation du rectum et de l’anus – mais je n’ai pas trouvé de source confirmant cette hypothèse.
L’épithète similis quant à lui est tout simplement relatif à la similarité de cette insecte avec son proche cousin le Bombyx cul-brun.

Une chenille dangereuse ?

La chenille du Bombyx cul-doré, comme celle du Bombyx cul-brun, est réputée urticante, et il vaut mieux éviter de la manipuler à mains nues. Je l’ai déjà manipulée sans précautions à plusieurs reprises, ignorant sa réputation urticante, et je n’ai pas eu de problèmes par la suite ; mais je suppose qu’il ne faut pas la presser ou la prendre en main de forces.
En cas de besoin, vous pouvez déplacer cette chenille en utilisant une petite cuillère et un récipient quelconque.

Galerie photos

Chenilles de Cul-doré croisées lors des 24h de la biodiversité des Ardennes en juin 2018. Elles se nourrissaient sur des plantes basses dont j’ai oublié de relever le nom. J’ai croisé 3 individus de cette espèce ce jour-là, puis plus aucun au cours de l’année.

Bibliographie

  • D. J. Carter, B. Hargreaves, Guide des chenilles d’Europe, Delachaux et Niestlé
  • J-F. Aubert, Papillons d’Europe I, Delachaux et Niestlé
  • B. Henwood, P. Sterling, R. Lewington, Field Guide to the Caterpillars of Great Britain and Ireland, Bloomsbury Wildlife Guides
  • H. Bellmann, Quel est ce papillon ?, Nathan
  • Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten (Lepiforum) :  Euproctis similis
  • Lepidoptera and their ecology : Euproctis similis
  • Moths and Butterflies of Europe and North Africa : Euproctis similis
  • Lépinet : Euproctis similis
  • Artemisiae, le portail dynamique national sur les papillons de France : Euproctis similis

  • Photographies libres de droit utilisées :
    – Imago du Cul-doré par l’utilisateur Ben Sale sur Flickr.

Dernière mise à jour de la page : avril 2021