Le Petit paon de nuit

Le Petit paon de nuit fait partie des plus grands, et sans doute des plus beaux, papillons « de nuit » que l’on peut rencontrer en France. Malgré son nom, le mâle du Petit paon de nuit est essentiellement actif le jour : il consacre sa courte vie de papillon à la recherche d’une femelle pour s’accoupler.

Le petit paon de nuit

Comment le reconnaître ?

Les chenilles de cette espèce ont des couleurs assez variables, et changent beaucoup d’aspect au fil des différents stades larvaires (voir photos plus bas). Les jeunes chenilles sont entièrement noires avec plusieurs paires de petites protubérances de la même couleur alignées sur le dos, et couvertes de soies leur donnant un aspect hispide au toucher. En grandissant, elles commencent à prendre des couleurs : certaines chenilles restent noires avec des taches rouges, d’autres vert-jaunâtre avec des taches noires… Mais on les reconnaît toujours à leurs verrues jaunes ou orange, desquelles partent des soies noires assez rêches. Au dernier stade, les chenilles sont vertes, avec ou sans anneaux noirs.

Plantes hôtes

Les plantes hôtes de cette espèce sont nombreuses et variées : prunellier, aubépines, ronces, saules, cerisiers, noisetiers, bruyères…

Quand et comment le rencontrer ?

Les chenilles se rencontrent au printemps, généralement entre avril et juin. Lorsqu’elles arrivent au terme de leur développement larvaire, elles tissent un petit cocon de soie en forme de poire dans la végétation, et se nymphosent à l’intérieur. Ce n’est qu’au printemps suivant qu’émergent les imagos. Certains individus peuvent rester à l’état de chrysalide durant plusieurs hivers d’affilée.

Cette chenille est-elle dangereuse ?

Elle est totalement inoffensive – preuve en photo plus bas !

Galerie photo

910Oeufs et jeunes chenilles naissantes de Petit paon de nuit dans un prunellier, 1er mai 2019 à Mépieu (38)

118La même scène à Pont-d’Ain (01), le 10 mai 2019

7Chenille un peu plus développée (second stade larvaire ou L2) à Guignicourt-sur-Vence (08), le 16 mai 2018

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Chenilles sans doute aux 3ème et 4ème stades larvaires, à Jury (57) le 23 mai 2018. La dernière image montre à la fois la forte variabilité des couleurs des chenilles, et leur totale inoffensivité.

1514Chenilles au 5ème et dernier stade larvaire, proches de la nymphose. Certaines possèdent des bandes noires formant des anneaux sur leur corps, plus ou moins larges. Le 14 juin 2018 à Chambéry (73)

1312Cocons du Petit paon de nuit, le même jour au même endroit.

3Le 20 février 2019, dans notre appartement chambérien, un mâle très précoce émerge, sans doute à cause de la température assez douce du bord de la fenêtre où il se trouve.

1Les premières femelles mettront un peu plus de temps à sortir, au début du mois de mars 2019. Celle-ci photographiée aux Charmettes près de Chambéry (73)

2Un mâle observé à Pont-d’Ain (01) le 14 avril 2019. C’est grâce à ses grandes antennes qu’il peut capter les phéromones des femelles.

1716Dans notre cour à Montalieu-Vercieu (39), le 10 mai 2019, une femelle retardataire a attiré un mâle sauvage. Nous l’avons vu voleter dans la rue pendant 5 bonnes minutes avant de parvenir à trouver l’emplacement exact de la femelle.

Pour aller plus loin

Note : Des études récentes suggèrent qu’il existe dans le pays deux espèces distinctes mais difficiles à différencier à l’oeil nu de Petits paons : Saturnia pavonia et Saturnia pavoniella. La seconde, longtemps considérée comme une sous-espèce de la première, se rencontrerait essentiellement dans le Sud-Est de la France. La différence entre les deux se ferait au niveau des genitalia et des motifs des ailes.


Dernière mise à jour de la page : mai 2020