Le Bois-sec

Avec sa jolie robe verte aux motifs jaunes, rouges et noirs, la chenille du Bois-sec (Xylena exsoleta) semble tout droit sortie d’un dessin animé, et pourrait participer au concours de la plus jolie chenille verte. Mais que le jury se méfie ! Si cette chenille est très belle, le papillon qu’elle est vouée à devenir est quant à lui beaucoup plus terne, et ses motifs cryptiques rappellent un vieux bout de branche à la fin de l’hiver – ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Bois-sec ou encore Antique. Linné, qui a décrit le premier cette espèce, lui a d’ailleurs sans doute donné le nom spécifique exsoletus en référence à la laideur du papillon, ce mot latin signifiant « fané, pourri, décrépit1« .

Comment le reconnaître ?

Le Bois-secLa chenille du Bois-sec peut difficilement être confondue avec une autre : on la reconnaît facilement à ses lignes latérales jaunes, rouges et blanches, et à ses ocelles blancs et noirs.
Chez certains individus, les couleurs peuvent être un peu moins marquées. Les ocelles noirs et blancs apparaissent seulement au dernier stade larvaire (on peut voir sur cette page des photos de chenilles plus jeunes).

Plantes hôtes

Cette chenille est polyphage : elle se nourrit d’un grand nombre d’espèces de plantes différentes, ligneuses comme herbacées. Elle apprécie certaines plantes cultivées comme l’Oignon (Allium cepa), les Asperges (Asparagus sp.), la Blette (Beta vulgaris), le Navet (Brassica rapa), le Houblon (Humulus lupulus), les pois (Pisum sativum), l’Epinard (Spinacia oleracea), le Framboisier (Rubus idaeus), le Pommier cultivé (Malus domestica) mais surtout la Vigne cultivée (Vitis vinifera), sur laquelle on l’observe souvent. Elle peut également se nourrir de plantes « sauvages » comme la Patience à longue feuilles (Rumex longifolius), le Populage des marais (Caltha palustris), la Gesse des prés (Lathyrus pratensis), l’Epilobe en épi (Epilobium angustifolium), la Marguerite (Leucanthemum vulgare), le Gaillet jaune (Galium verum), les Pissenlits (Taraxacum spp.), le Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)… Liste non exhaustive !

Quand et comment le rencontrer ?

Le Bois-sec peut-être observé sous sa forme de chenille de mai à juillet. Les chenilles sont actives de jour comme de nuit et s’observent le plus souvent directement sur leur plante-hôte. C’est une espèce présente à peu près partout en France, mais surtout abondante dans la moitié Sud. Ailleurs, elle est plutôt localisée.

Cette chenille est-elle dangereuse ?

Elle n’est pas dangereuse pour l’homme ou pour les animaux domestiques. En revanche, des pullulations des chenilles peuvent être observées certaines années dans les vignobles, où elles causent alors des dégâts ².


  1. http://www.lepiforum.de/lepiwiki.pl?Xylena_Exsoleta, partie « étymologie »
  2. Marie-Stephane, Tixier & Cocquempot, Christian & Fabre, L. & Boursuqet, J.L. & Torregrosa, Laurent. (2010). Une noctuelle du genre Xylena (Lepidoptera : Noctuidae) a dévasté des parcelles de vigne en 2010 dans la vallée de l’Orbieu (Aude), consultable en ligne.
    Venture Jean Pierre, Pullulation de chenilles de Xylena exsoleta (Linnaeus, 1758) dans un vignoble de l’Hérault (Lepidoptera : Noctuidae). (2020) Oreina, 50 :47

Photographies utilisées :
– Imago du Bois-sec d’après une photo de Peter Gergely sur Saxifraga.nl
– Photo principale de la fiche : chenille du Bois-sec d’après une photo de l’utilisateur Hectonichus sur Wikimedia commons.
– Photo secondaire de la fiche (petit encadré) : chenille du Bois-sec par Marijke Verhagen sur Saxifraga.nl
Cette espèce n’est pas très commune dans ma région, mais j’espère avoir l’occasion de l’observer un de ces jours !

Dernière mise à jour de la page : mars 2021