La Pyramide (Amphipyra pyramidea)

La Pyramide (Amphipyra pyramidea) est une chenille verte que l’on peut observer dans les arbres au printemps. Sa posture caractéristique, la tête en bas et les pattes dressées vers l’avant, la rend impossible à confondre… enfin, presque !

Reconnaître la Pyramide 

La pyramide

Confusion possible. Cette chenille peut être confondue avec deux autres espèces : la Noctuelle berbère (Amphipyra berbera), qui lui ressemble beaucoup, et la Noctuelle sphinx (Asteroscopus sphinx), assez différente mais partageant la posture des deux précédentes. Cette fiche résume les principaux critères permettant de les différencier :
Trois autres chenilles(Je me suis inspirée pour ce visuel de celui qu’on peut trouver sur cette page et qui m’avait beaucoup aidée à identifier mes chenilles !)
Ces trois espèces ne doivent pas non plus être confondues avec les chenilles de sphinx (famille des Sphingidés), qui possèdent souvent à l’extrémité de l’abdomen une protubérance pointue (scolus) rappelant un dard ou une corne. 

Cycle de vie

C’est en été ou au début de l’automne que la femelle de cette noctuelle dépose ses œufs sur le feuillage des plantes-hôtes de la chenille. Cette dernière n’éclot qu’au printemps suivant, après avoir passé l’hiver sous forme d’œuf. Elle est surtout visible à partir de la mi-avril, jusqu’au début du mois de juin. La journée, elle demeure immobile, la tête en bas et les pattes dressées devant elle, suspendue à une branche de son arbre. 
Au terme de son développement, la chenille quitte l’arbre pour se constituer un petit cocon de soie près du sol, ou entre quelques feuilles. Elle s’y métamorphose en une élégante chrysalide d’un rouge brillant. L’émergence du papillon a lieu environ un mois plus tard.

Plantes-hôtes

Cette chenille polyphage se rencontre sur de nombreux arbres différents : Saules (Salix), Tilleuls (Tilia), Troènes (Ligustrum), Cornouillers (Cornus), Chèvrefeuilles (Lonicera), Ormes (Ulmus), Hêtre (Fagus sylvatica), Lilas (Syringa), Chênes (Quercus), Charmes (Carpinus), Frênes (Fraxinus) ou encore divers Prunus sauvages ou cultivés. 

Répartition et habitat

On rencontre cette espèce dans une vaste partie de l’Europe jusqu’au Japon, jusqu’à 1500 mètres d’altitude environ. Relativement ubiquiste, on peut la trouver dans des milieux très variés : forêts, lisières forestières, haies bocagères, pelouses sèches, parcs et jardins… 

Étymologie

La Pyramide porte le nom scientifique Amphipyra pyramidea. Le nom de genre Amphipyra pourrait se traduire de plusieurs manières : il est issu des mots grecs amphi (ἀμφίς) signifiant « des deux côtés », « double », et pyrros (πῦρ) signifiant « feu » ou faisant référence à la couleur du feu. Ce nom pourrait donc faire référence à la couleur rouge-orange (la couleur du feu) qui est présente sur les deux ailes postérieures de certains papillons du genre. Une autre théorie tout à fait différente voudrait que ce nom fasse référence à la tendance qu’auraient les papillons à décrire des ronds en vol autour du feu (amphi signifierait dans ce contexte « rond » – peut-être par analogie avec la forme des amphithéâtres ?), tendance que l’on retrouve chez bien d’autres genres de papillons nocturnes !
Quant à l’épithète spécifique pyramidea, il fait tout simplement référence à la protubérance « pyramidale » que porte la chenille sur son huitième segment abdominal. 
En français, on l’appelle également Noctuelle du noyer, ou encore Noctuelle cuivrée. 

Moyens de défense, prédateurs et parasites

Discrète, cette chenille verte passe facilement inaperçue dans la végétation lorsqu’elle se tient dans sa posture habituelle. Son camouflage lui permet de passer inaperçue aux yeux des prédateurs les moins perspicaces, mais se révèle inefficace contre certains insectes : comme toute les chenilles, la Pyramide peut être l’hôte de divers parasitoïdes de l’ordre des Diptères ou des Hyménoptères. Parmi eux, les mouches tachinaires Pales pavida et Phryxe nemea, deux espèces très généralistes qui parasitent les chenilles de nombreux papillons. La première pond ses œufs minuscules mais très solide sur le bord des feuilles à proximité des chenilles, afin qu’elles les ingères accidentellement. La seconde possède un long ovipositeur qui lui permet de déposer ses œufs directement à l’intérieur du corps de son hôte. Dans les deux cas, l’œuf éclot rapidement et la larves se nourrit du contenu de la chenille. 
Du côté des Hyménoptères, le petit Braconidé Protapanteles fulvipes est mentionné comme un parasitoïde de cette chenille. Lui aussi très généraliste, il pond plusieurs œufs à l’intérieur des chenilles, puis ses larves se nourrissent de ses organes jusqu’à ce que mort advienne. Une fois leur croissance terminée, les larves quittent le corps de leur hôte et tissent chacune un petit cocon de soie individuel contre sa dépouille.

Galerie photos (Cliquez sur les photos pour les afficher en grand !)

Bibliographie

  • D. J. Carter, B. Hargreaves, Guide des chenilles d’Europe, Delachaux et Niestlé
  • J-F. Aubert, Papillons d’Europe I, Delachaux et Niestlé
  • B. Henwood, P. Sterling, R. Lewington, Field Guide to the Caterpillars of Great Britain and Ireland, Bloomsbury Wildlife Guides
  • H. Bellmann, Quel est ce papillon ?, Nathan
  • Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten (Lepiforum) : Amphipyra pyramidea
  • Lepidoptera and their ecology : Amphipyra pyramidea
  • Moths and Butterflies of Europe and North Africa : Amphipyra pyramidea
  • Lépinet :  Amphipyra pyramidea
  • Artemisiae, le portail dynamique national sur les papillons de FranceAmphipyra pyramidea
  • The Ecology of Commanster, Ecological Relationships Among More Than 7700 Species : Amphipyra pyramidea
  • Pour l’étymologie, j’ai repris les explications proposées par Jean-Yves Cordier sur sa page Origine des noms de mes papillons de nuit du Finistère. C’est très intéressant, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil ! 

Photographies libres de droits utilisées :
– Imago de la Pyramide d’après une photo de Didier Descouens sur Wikimedia commons.

Dernière mise à jour de la page : juin 2021