Le Trapèze

À première vue, la chenille du Trapèze (Cosmia trapezina) a tout d’une chenille verte classique : on la trouve au printemps, sur le feuillage des arbres dont elle se nourrit. Alors naturellement, lorsque j’ai rencontré cette chenille pour la première fois au printemps 2018, je ne me suis pas méfiée : je l’ai mise dans ma petite boîte à chenille avec quelques feuilles de sa plante-hôte, dans le but de l’élever pour voir quel papillon elle allait devenir. À ce moment-là, je ne l’avais pas encore identifiée.
Et puis, sur mon chemin, je suis tombée sur une autre chenille sensiblement identique à la première. Elles appartenaient visiblement toutes les 2 à la même espèce : que pouvait-il arriver de mal si je les mettais ensemble dans la même boîte ?
Les deux chenilles dans ma boîte, je suis rentrée tranquillement à la maison, et j’ai préparé une petite cage pour les accueillir. En ouvrant la boîte pour les transférer dans leur nouvelle demeure, stupeur : une des deux chenilles est en charpie ! Que s’est-il passé ? Aurais-je refermé le couvercle de la boîte sur elle, par inadvertance ? Je comprends rapidement que la coupable n’est autre que sa congénère : la particularité de la chenille du Trapèze, c’est qu’elle est « cannibale »…

Comment le reconnaître ?

La fiche d’identification viendra plus tard pour cette espèce, il me manque des photos de bonne qualité.

La chenille du Trapèze est vert clair à vert sombre, parfois brun-jaunâtre. Son dessus est parcouru par une ligne dorsale claire bien marquée, et deux lignes claires plus fines. Elle possède également une bande latérale claire, parfois jaunâtre. Son corps est ponctué de verrues noires cernées de blanc, desquelles partent de fines soies sombres.

Plantes hôtes

Cette chenille polyphage se nourrit, entre autres, sur les noisetiers, charmes, érables, chênes, tilleuls, prunelliers, nerpruns, aubépines, ronces, saules, pommiers et poiriers, sorbiers…

Quand et comment le rencontrer ?

Très commune, elle s’observe essentiellement de mi-avril à mi-juin dans les feuillus.

Cette chenille est-elle dangereuse ?

Elle n’est dangereuse ni pour l’homme, ni pour les animaux domestiques, ni pour les plantes ornementales. En tant que chenille « cannibale », elle pourrait même être considérée comme une alliée des jardiniers ! D’après Heiko Bellmann (Quel est donc ce papillon ? aux éditions Nathan), il est possible qu’elle participe à la régulation des populations de Phalène brumeuse (Operophtera brumata) en consommant leurs chenilles, considérées nuisibles pour les vergers.

Galerie photo

14C’est malheureusement ma seule photo de cette espèce : elle a par la suite réussi à s’échapper de sa boîte d’élevage, et je ne l’ai jamais retrouvée ! Il s’agit donc de la chenille de Trapèze que j’avais récoltée en mai 2018 à Chambéry (73). En découvrant son appétit pour les autres chenilles, j’ai tenté de lui présenter une chenille de Pyrale du buis, qu’elle a aussitôt attaquée et dévorée. Je vais tenter d’en trouver d’autres cette année pour compléter l’article.


Dernière mise à jour de la page : mars 2021