La Fiancée

Au sein des Érebidés (ou des Noctuidés, selon les classifications), le genre Catocala est représenté en France par une quinzaine d’espèces. Il s’agit de papillons « de nuit » à première vue banals, mais dont les ailes postérieures sont vivement colorées de bleu, de jaune ou de rouge. Leurs chenilles peuvent atteindre une taille importante et se fondent dans leur environnement grâce à leurs couleurs cryptiques.
Leurs noms vernaculaires évoquent le mariage ou le couple : Catocala dilecta → la Bien-aimée, Catocala promissa → la Promise, Catocala electa → l’Élue, Catocala conjucta → la Conjointe… Les autres espèces portent des noms vernaculaires différents, et sont appelées vulgairement « lichénées » en raison de leurs motifs rappelant ceux des lichens.

Comment la reconnaître ?

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Confusions possibles : La Fiancée peut être confondue avec d’autres chenilles du genre Catocala, ou avec certaines chenilles qui ressemblent à des brindilles. La plante-hôte de la chenille, comme souvent, peut en général permettre d’identifier son espèce.

Plantes hôtes

Les chenilles de la Fiancée se nourrissent sur les chênes (Quercus spp.), mais le châtaignier (Castanea sativa) est également cité comme plante-hôte.

Quand et comment la rencontrer ?

Cette chenille s’observe aux alentours du mois de mai. La trouver n’est pas chose facile, et relève plutôt du coup de chance ou du hasard… Voir l’anecdote ci dessous !

Cette chenille est-elle dangereuse ?

Pas du tout ! Elle compte sur son camouflage pour échapper aux prédateurs.

Petite anecdote

J’ai rencontré cette chenille pour la première fois en mai 2018, aux Charmettes, sur les hauteurs de Chambéry (Savoie). Je venais d’arriver au pied d’un grand chêne, et j’ai saisi une de ses branches à ma hauteur pour la ramener vers moi afin de chercher des chenilles dans son feuillage. La texture molle de la branche que je venais de prendre en main m’a surprise, et je l’ai lâchée, pensant que je venais de poser ma main sur un insecte. C’était bien le cas, et il m’a fallu plusieurs secondes avant de réussir à discerner le contour de l’insecte en question, tant il se fondait dans le décors. C’était, vous l’aurez compris, une chenille de Fiancée que je venais accidentellement de blesser en la serrant involontairement contre son support. Il m’a fallu plusieurs minutes avant de parvenir à en trouver une seconde, quelques branches plus haut.
J’ai récupéré les deux chenilles pour les élever ; la première est morte quelques jours plus tard des suites de ses blessures, et la seconde a mystérieusement disparu. Peut-être qu’au printemps prochain, son imago sortira de sa chrysalide, planquée quelque part dans notre appartement…

Galerie photo

Catocala sponsa (1)Chenille de Catocala sponsa bien cachée sur sa branche…Catocala sponsa (2)

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Dérangée, elle se laisse tomber au sol et se tortille, montrant ses taches dorsales bordeaux.
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Aplatie sur son support, la chenille de la Fiancée est réellement invisible.

Merci à Jean Haxaire et Thomas Huet qui m’ont permis de mettre un nom sur cette chenille lorsque je l’ai trouvée.

Pour aller plus loin

  • Un petit aperçu de la diversité des Catocala françaises sur le site d’Alain Ramel.

Photographies libres de droit utilisées :
– Imago de la Fiancée par l’utilisateur Harald Süpfle sur Wikimedia commons.

Dernière mise à jour de la page : avril 2020