Journal des chenilles – 2021

Nous sommes à 2 jours du printemps, et je n’ai pas encore croisé une seule chenille depuis le début de l’année 2021. Mon année 2020 a été assez pauvre en terme de chenilles : avec le confinement, les balades et sorties nature ont été très limitées. Mais cette année, je suis motivée pour faire un compte-rendu de toutes les espèces que je vais croiser au cours des prochains mois, jour par jour. Il y a beaucoup d’espèces très communes que je n’ai pas encore eu l’occasion de croiser, ou de photographier, et je compte bien me rattraper cette année.

J’espère croiser au cours des prochains mois les espèces suivantes :
– Le Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus) : ça fait plusieurs années que je rate chaque occasion d’élever cette espèce pourtant très commune ! J’en parlais déjà dans cet article en 2018, et la situation ne s’est pas arrangée depuis. Cette année sera la bonne, j’en suis sûre. (Trouvé le 06/04 !)
– La Franconienne (Malacosoma franconica). Elle n’a pas été recensée dans mon département, et je vais sans doute devoir faire quelques heures de route pour la trouver, mais j’aimerais vraiment observer les chenilles de cette espèce. Je n’ai jamais croisé non plus la Livrée des prés (Malacosoma castrensis).
– La Laineuse du prunellier (Eriogaster catax). Espèce protégée, bien présente autour de chez moi, j’avais observé 2 individus en 2019. J’aimerais beaucoup trouver un nid et photographier des chenilles un peu plus jeunes, au stade où elles sont encore grégaires ! (Trouvée le 05/04 !)
– L’Écaille du séneçon (Tyria jacobaeae). Très commune également, et pourtant, je n’ai jamais réussi à la trouver. Ce n’est pas faute d’avoir examiné minutieusement des centaines de séneçons à la bonne période, les années précédentes ! 
– D’autres écailles, comme l’Écaille fermière (Arctia villica), l’Écaille cramoisie (Phragmatobia fuliginosa) ou encore l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria), dont je n’ai jamais vu les chenilles !

Mars 2021.

Jeudi 18 mars. Balade matinale au milieu des champs autour de Montalieu (38) et de Bouvesse (38). Les oiseaux chantent, les primevères sont en fleurs. Il n’y a pas encore beaucoup de feuilles dans les arbres. Les plus précoces sont les Fusains (Euonymus europaeus) : j’examine minutieusement les rameaux à la recherche d’œufs ou de jeunes chenilles d’Hyponomeutes, en vain. C’est peut-être encore un peu tôt, mais je sais que d’ici quelques semaines ces pauvres fusains seront recouverts de toiles de soies.
Dans les prés, je cherche vaguement à croiser la Mélitée du plantain (Melitaea cinxia), dont je ne trouve pas la moindre trace. Les orties, au bord des chemins, sont encore intactes. Je m’arrête un instant sur un petit cocon de soie dans une Aubépine : peut-être des Gazés (Aporia crataegi)  ? Je n’y trouve que quelques cadavres d’insectes, et une petite araignée.
Bilan de la journée : Rien du tout. Je n’ai même pas croisé un papillon en deux heures de temps, mais peut-être qu’il n’y avait pas assez de soleil.

Vendredi 19 mars. Balade au départ de Charette (38) jusqu’à la cascade de la roche. Les branches de quelques pins sont chargées de nids de processionnaires, mais je n’ai pas pris mes jumelles et ils sont trop hauts pour que je puisse voir s’ils sont occupés.

Samedi 20 mars. C’est le printemps ! Balade autour de Parmilieu. Aucune chenille n’a daigné se montrer. Au retour, je tente de trouver la chenille qui grignote mes orties, mais elle est bien cachée. Sans doute une noctuelle.

Dimanche 21 mars. Finalement, ce n’était pas la peine d’aller bien loin pour trouver ma première chenille de l’année : elle m’attendait dans la cour, dans un pot contenant de petites joubarbes et un Gaillet gratteron. Il s’agit d’une chenille de Méticuleuse (Phlogophora meticulosa), une noctuelle très commune que l’on peut rencontrer au cœur des villages. J’avais déjà croisé le papillon dans la cour, ce n’est donc pas étonnant de trouver à présent sa chenille. Malheureusement je la soupçonne d’être parasitée (petits points noirs sur le corps). Je l’installe dans une boîte d’élevage.
22:20 : Je sors dans la cour avec une lampe torche pour essayer de trouver la mangeuse d’orties. Je trouve immédiatement une grosse noctuelle brunâtre perchée sur une tige, puis deux autres plus petites autour. On dirait bien que c’est encore la même espèce ! Je les récolte également.
Bilan de la journée : 
4x Phlogophora meticulosa

Lundi 22 mars. Balade autour de Montalieu, Vassieu et Porcieu (38), toujours pas de chenilles, mais j’entends pour la première fois de l’année un Pouillot véloce. En rentrant, je prends le temps de faire quelques photos de mes nouvelles chenilles. J’en trouve une autre sur le mur de la maison, toute noire. Je l’installe aussi dans une boîte d’élevage.
En allant cueillir quelques orties dans la cour à la nuit tombée pour nourrir les chenilles, j’en trouve une petite cinquième. Visiblement, encore une Méticuleuse.
Bilan de la journée : 
1x Noctuelle indéterminée (N0)
1x Phlogophora meticulosa

Mardi 23 mars. Balade autour de Charette (38) vers les mares de Craquenot et l’étang de la Bryne. A la sortie du village, je remarque une petite chenille imprudente qui court le long de la route, s’apprêtant à traverser. C’est une Mélitée du plantain ! Elle doit sans doute venir d’un jardin des alentours. Je la ramasse pour la déposer dans un endroit plus calme. En continuant mon chemin, je trouve deux autres chenilles de la même espèce écrasées sur la route… Puis une quatrième, bien vivante, qui s’apprête également à traverser. Je les dépose à l’abri, au milieu des plantains, au bord d’une mare quelques centaines de mètres plus loin.
Plus tard dans la journée, avec Martin à Crémieu (38), nous retournons dans la prairie aux prunelliers dans laquelle j’avais trouvé il y a 2 ans une belle chenille de Laineuse du prunellier (Eriogaster catax). En cherchant bien, je finis par trouver un tout petit nid de ce que je pense être des chenilles de Gazé. Elles sont minuscules, je reviendrai les voir plus tard dans la saison. Côté papillons, pas mal de Citrons, quelques Grandes tortues, et un Robert-le-Diable (Polygonia c-album).

Bilan de la journée :
4x Melitaea cinxia
≃4x Aporia crataegi 

Mercredi 24 mars. Randonnée au départ d’Ordonnaz (01) jusqu’au Mollard de Don. Nous ne croisons aucune chenille, mais c’était prévisible vu l’épaisse couche de neige qui recouvre encore le sol à 1200 mètres d’altitude. Nous observons malgré tout de nombreux Citrons qui butinent les Violettes blanches, quelques Petites tortues, et même un renard pas très farouche.

Jeudi 25 mars. Balade de Montalieu au Lac Dauphin à Bouvesse (38). En bord de route à la sortie de Montalieu, je trouve une chenille morte desséchée sur une brindille. Au Lac Dauphin, je sors de l’eau une petite Noctuelle qui s’y noyait, et la dépose sur un joli fossile. Au retour je trouve deux Méloés dont un de petite taille (un mâle ?), et des Molènes bien grignotées par de minuscules chenilles cachées au cœur de la plante. C’est tout près de la maison, je reviendrai les voir d’ici quelques semaines quand elles auront grandi ! Côté papillons, plusieurs Grandes tortues, un mâle d’Aurore, quelques Citrons, et un Tircis. 
En rentrant à la maison, je m’inquiète de l’état de santé de la petite chenille noire trouvée le 22/03 dans la cour : elle n’a rien mangé depuis que je l’ai trouvée. D’ailleurs, je ne la trouve pas dans sa boîte. Où est-elle passée ? Bonne surprise, je constate qu’elle a tissé un petit cocon dans le couvercle de la boîte – si elle ne mangeait pas, c’est parce qu’elle était proche de la nymphose ! La suite d’ici quelques jours ou semaine, quand le papillon montrera le bout de sa trompe – s’il en a une.
Bilan de la journée : Je ne prends pas en compte la chenille morte, ni les possibles Cucullies trouvées dans les Molènes, puisque rien n’est déterminable en l’état.

Vendredi 26 mars. Trop occupée pour sortir aujourd’hui, mais je découvre avec stupeur que le petit rosier que nous avions sauvé de la poubelle du cimetière et replanté devant chez nous, s’est bien fait grignoter ! La coupable est très certainement une chenille, peut-être même encore une Méticuleuse. Nous verrons ça ce soir à la lampe torche…
19h30 : En rentrant du travail, j’examine mon rosier à la lampe frontale, pour y trouver non pas une, ni deux, mais trois grosses chenilles occupées à le dévorer ! Il fallait évidemment qu’elles jettent leur dévolu sur mon pauvre petit rosier de 15 cm de haut, alors que celui du voisin juste à côté mesure 2 bons mètres et n’a pas une seule chenille !!
Enfin, je suis quand même contente de les avoir trouvées. Une Méticuleuse bien évidemment, mais aussi une grosse Noctuelle brune que je pense être un Hibou (Noctua pronuba), et une plus petite que je ne connais pas (appelons-là provisoirement N1). Dans les orties, je trouve encore une Méticuleuse, et une autre petite chenille brune similaire à l’autre non identifiée (N1). J’installe provisoirement tout le monde dans une cage d’élevage, je les séparerai plus tard par espèces. 
Bilan de la journée : 
2 x Phlogophora meticulosa 
1 x Noctua pronuba 
2 x Noctuelle indéterminée (N1)

Samedi 27 mars. Balade de Charette (38) à la Cascade de la roche. Pas vu de chenilles, mais les aubépines sont maintenant couvertes de feuilles. On croise encore un mâle d’Aurore et un Tircis. Il faut que je prenne en photo mes « nouvelles » chenilles, j’essayerai de trouver le temps demain (vite, la plus grosse ne doit pas être très loin de la nymphose !)

Dimanche 28 mars. Très chouette balade autour de l’étang de Lemps au départ de Courtenay (38) avec des amis. En départ de balade, je trouve une toute petite chenille dans un Prunellier dont les feuilles commencent tout juste à sortir : je l’identifie comme une Aubépinière (Allophyes oxyacanthae) et je la récupère pour l’élever. Au bord de l’étang, quand tous les yeux sont rivés sur une Cistude au bord d’une mare, je trouve un petit fourreau de chenille dans une Aubépine : sa construction me rappelle celle des chenilles de Coléophoridés, mais je ne trouve aucune correspondance sur internet ! Il faut que je creuse un peu le sujet. 
Au retour, je remarque une rosette d’orchidée dont les feuilles ont été bien dévorées. Je soulève à peine une feuille et je trouve une belle chenille de Hulotte (Noctua comes). Je rentre à la maison avec mes 3 nouvelles chenilles. 
Dans ma cage d’élevage, je remarque que 2 des Méticuleuses se sont enterrées et ont construit un petit cocon de soie. Je fais un peu d’ordre et sépare mes chenilles par espèces. 
Une fois la nuit tombée, vers 21h30, je décide de faire un tour dans ma rue (discrètement, avec le couvre-feu…) pour ausculter les plantes à la lampe torche : j’ai remarqué plus tôt que les plantes ornementales devant chez les voisins ont été grignotées. La pêche est plutôt bonne, je rentre avec 5 nouvelles Noctuelles : deux Méticuleuses, deux nouvelles inconnues, et une brune qui ressemble à l’inconnue de l’autre jour. Je les récupère toutes.


A gauche, Noctua pronuba et Noctua comes. A droite, les 5 chenilles du soir

Un peu avant 23h, je ressors et trouve cette fois-ci 3 chenilles de Noctua pronuba : ne les avais-je pas remarquées plus tôt, ou bien sortent-elles plus tard ? Récupérées également. 
Bilan de la journée :
1 x Allophyes oxyacanthae 
1 x Coleophoridae ? indéterminé
1 x Noctua comes
2 x Phlogophora meticulosa
3 x Noctua pronuba
1 x Noctuelle indéterminée (N1 ?)
2 x Noctuelle indéterminée (N2)

Lundi 29 mars. Occupée toute la journée, pas le temps de sortir. Je sors vers 23h dans ma rue chercher des chenilles à la lampe frontale : rien du tout. Peut-être que j’ai déjà kidnappé toutes les chenilles du quartier… 

Mardi 30 mars. Rando autour des étangs de Mépieu (38). On trouve une chenille de Mélitée du plantain au bord de la Via Rhona. Beaucoup de papillons volent en cette belle journée ensoleillée : Aurores, Paons du jour, Citrons, Grandes tortues…
De retour à la maison, je constate que ma chenille de Noctua comes n’est plus dans sa cage. Zut. Je fais un peu d’ordre et réunis les 4 Noctua pronuba avec les 3 noctuelles « N2 ». Au menu pour tout le monde ce soir, des feuilles fraiches de pissenlit (les rosiers, ça va bien cinq minutes !). Ma petite chenille d’Allophyes oxyacanthae n’a pas l’air en grande forme, elle ne mange pas et reste sur le couvercle de la boîte. Peut-être qu’elle est sur le point de muer ? Si son état se dégrade, je la relâcherai. En attendant elle a des tiges avec de belles feuilles d’Aubépine et quelques bourgeons de Prunellier à sa disposition, et je l’ai transférée dans une plus grande boîte (même si elle est minuscule). Du côté des Méticuleuses, on a maintenant 3 chrysalides, et les chenilles restantes ne vont plus tarder à se nymphoser à leur tour.
Dans le salon, j’ai trouvé une chenille noire identique à la N0 du 22 mars… qui est sensée être une chrysalide à présent ! Je suppose qu’il s’agit d’un autre individu de la même espèce qui s’est introduit dans la maison accidentellement (j’avais trouvé la première chenille près de la fenêtre). Je les ai réunies. 
Bilan de la journée :
1 x Melitaea cinxia

Mercredi 31 mars. Randos autour de Lompnas (01) et Ordonnaz (01). On croise beaucoup de papillons, toujours les mêmes, et quelques nouveautés : un Argus/Thècle (Callophrys sp.) et un Machaon (Papilio machaon), mon premier de l’année, sur les falaises des hauteurs de Lompnas. Sur le retour de la deuxième rando, je remarque que quelques vieilles feuilles d’un jeune chêne encore en bourgeon sont maintenues à ses branches par des fils de soie. Deux petits cocons caractéristiques du Bombyx cul-brun (Euproctis chrysorrhoea) ! Je les ouvre un peu pour observer les chenilles minuscules, qui ne semblent pas avoir trop commencé à s’activer. Je n’avais pas remarqué ça la dernière fois que j’avais observé un « nid » de ces chenilles, mais elles se sont construit une sorte de chaussette assez solide à l’intérieur de la feuille, dans laquelle elles se sont toutes regroupées. La chaussette est difficile à ouvrir, et bien cachée par la feuille : des oiseaux auraient du mal à extirper les chenilles bien cachées. En s’attardant un peu plus sur le retour, on aurait sans doute pu trouver d’autres chenilles en cherchant dans les Aubépines et les Prunelliers, mais on avait déjà 18 kilomètres dans les pattes et très envie de rentrer prendre le thé. 
De retour à la maison, on trouve une chenille verte dans le salon, sur le tapis. Encore une Méticuleuse, elle ne semble pourtant pas s’être échappée d’une de mes boîtes !
Bilan de la journée : 
2 x « Nid » d’Euproctis chrysorrhoea

Le mois de mars s’achève ce soir, espérons que le mois d’avril nous réserve plein de chenilles ! Petit bilan de cette moitié de mois passée à les rechercher :
9 x Phlogophora meticulosa
4 x Noctua pronuba
1 x Noctua comes (mais elle s’est échappée…)
4 x Aporia crataegi
5 x Melitaea cinxia
1 x Allophyes oxyacanthae
2 x Nid d’Euproctis chrysorrhoea
Et quelques chenilles indéterminées pour le moment !

Avril 2021.

Jeudi 1er avril. Courte balade matinale autour de Montalieu (38), le temps d’aller chercher des plantes fraiches pour les chenilles. Je retourne voir mes molènes de l’autre jour et je suis contente d’y trouver des chenilles ! Trois minuscules Cucullies, sûrement la Cucullie du bouillon-blanc (Cucullia verbasci), et une petit Mélitée, sans doute la Mélitée orangée (Melitaea didyma). Je récupère tout le monde pour tenter de les élever : cette année, je voudrais m’intéresser de près aux chenilles de Cucullies, parce que je n’y comprends pas grand chose aux différences entre la Cucullie du bouillon-blanc et celle de la scrophulaire – mon monde s’est écroulé quand j’ai appris que les 2 pouvaient aussi bien se nourrir sur les molènes que sur les scrophulaires !
Au coeur des molènes, je trouve des chenilles monochrome, brunâtres, semblables à des asticots mais avec des pattes abdominales. Je ne les prélève pas, de toutes façons je reviendrai les voir. Je me demande bien ce que ça peut être.
Au retour, je trouve une étonnante chenille noire et blanche sur une ortie. Elle est minuscule elle aussi. Je l’embarque également.
Le soir à la lampe frontale, je trouve encore une Méticuleuse sur l’hortensia devant la maison. Je la laisse tranquille, ça ne me dérange pas qu’elle le grignote un peu.
Bilan de la journée :
3 x Cucullia verbasci ?
1 x Melitaea didyma
1 x Phlogophora meticulosa
1 x Chenille indéterminée sur ortie (N3)

Vendredi 2 avril. Pas de sortie aujourd’hui si ce n’est pour aller cueillir quelques feuilles de pissenlit. Ma chenille d’Allophyes oxyacanthae s’est remise à manger, je suis contente : je pense qu’elle a mué.
La nuit, j’explore à nouveau les plantes de la rue : je trouve une petite noctuelle inconnue (N4) et une autre grosse noctuelle sur une Cymbalaire (Cymbalaria muralis) : je crois que c’est encore une N1, sûrement proche de la nymphose. Dans mon petit rosier, je trouve encore une Méticuleuse que je déplace dans l’hortensia à côté (ça suffit maintenant, pauvre rosier !).
Bilan de la journée :
1 x Noctuelle indéterminée (N1)
1 x Noctuelle indéterminée (N4)
1 x Phlogophora meticulosa

Samedi 3 avril. Petite balade à Montalieu (38, toujours), du côté des molènes. On trouve 7 petites chenilles de Cucullies, elles sont vraiment minuscules. Je ne les récupère pas cette fois-ci.
Le soir à la lampe, encore une Méticuleuse dans nos fraisiers cette fois-ci (non mais !) : elle sera désormais soumise au régime Pissenlit avec ses congénères. Une nouvelle chenille trouvée dans la rue d’à côté en allant chercher des pissenlits. Noctuelle brune, un peu hispide, avec une ligne dorsale claire, la tête noire… Une Apamea ? Aucune idée. Récoltée et on verra bien ce que ça deviendra. 
Bilan de la journée :
7 x Cucullia verbasci ?
1 x Phlogophora meticulosa
1 x Noctuelle indéterminée (N5)

Dimanche 4 mars. Pas le temps de sortir, je travaille toute la journée ! Les chenilles vont bien : Allophyes oxyacanthae grandit bien, mon inconnue de l’ortie (N3) mange avec appétit… Seules mes noctuelles N4 et N5 refusent de manger leur pissenlit (p-ê la même espèce à 2 stades de développement différents ?). Je vais tenter de leur donner des graminées, mais si rien ne leur plaît, je devrai me résoudre à les relâcher. Demain matin, on va partir à la recherche des Laineuses du prunellier, c’est le bon moment pour observer les jeunes chenilles !

Lundi 5 mars. Balade matinale à Porcieu (38) avec Martin, à la recherche des Laineuses… On commence par un premier site au bord de la départementale, sur lequel j’avais trouvé l’automne dernier un mâle de cette espèce. Dans un premier temps, pas de Laineuses mais de nombreuses Aubépinières (Allophyes oxyoacanthae). Elles sont encore jeunes, mais s’activent déjà à grignoter les premiers feuilles de Prunellier à peine sorties de leurs bourgeons. En s’arrêtant à chaque petit Prunellier, on en trouve facilement quatre ou cinq en scrutant des yeux les branches pendant trente secondes. On trouve ensuite un, puis deux petits « nids » de Gazés (Aporia crataegi), avec des chenilles plus développées que celles observées la semaine passée à Crémieu. Et enfin, dans un petit couloir entre deux épaisses haies de Prunelliers, un premier nid de Laineuse du Prunellier (Eriogaster catax) !

C’est la première fois que j’observais de jeunes chenilles de cette espèce, n’ayant par le passé observé que des chenilles au dernier stade larvaire. Nous sommes très contents de notre trouvaille. Un petit quart d’heure plus tard, nous trouvons un autre nid lui aussi généreusement garni de chenilles. 
Nous bougeons ensuite sur un autre site à Porcieu, au sol rocheux, plus sec que le précédent. Nous trouvons un troisième petit groupe de chenilles de Gazé, une petite chenille de Géométridé indéterminée, et un troisième nid de Laineuses du Prunellier. Et pour changer un peu des chenilles, je trouve aussi une petite Vipère aspic (Vipera aspis). 
Bilan de la journée :
>40 x Allophyes oxyacanthae
13 x Aporia crataegi (3 nids)
3 x Nid d’Eriogaster catax
1 x Géomètre indéterminé

Mardi 6 avril 2021. Matinée à Mépieu (38) avec Audrey, dans la réserve naturelle. On trouve côte à côte dans une jeune Aubépine une Aubépinière (Allophyes oxyacanthae) et un jeune Bombyx de l’Aubépine (Trichiura crataegi) – maintenant que j’y pense, c’était assez drôle de trouver ces deux espèces-là sur une Aubépine ! On trouve ensuite une première chenille de Double-Oméga (Diloba caerulocephala) en petite forme, pour ne pas dire morte, et une seconde plus loin en meilleur santé. Encore un peu plus loin, je repère un petit « nid » de Livrées des arbres (Malacosoma neustria) à peine écloses. Je suis toujours contente de les voir, celles-là !
On se déplace ensuite dans une autre prairie, dans laquelle je trouve une petite noctuelle que je suppose être Noctua comes, et une petite Laineuse du Prunellier (Eriogaster catax) toute seule dans un arbuste. Nous n’avons pas trouvé son « nid ». Pour finir, un tout petit rassemblement de Gazés (Aporia crataegi).
L’après-midi, on fait un petit tour à Porcieu (38) sur le site où nous avions trouvé la veille un beau nid de Laineuses. Le terrain est peu praticable, très embroussaillé, et il est difficile d’y évoluer sans passer entre les ronces et les arbustes épineux. Je suis malgré tout ravie de trouver, enfin !, une chenille de Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus). Si vous avez lu mon article Monsieur ou Madame Duchêne, vous savez à quel point j’espérais la retrouver cette année !
En rentrant à la maison, surprise : une chenille m’attend sur le mur du salon. Une noctuelle noire, la même que la N1 du 26 mars. C’est la deuxième que je trouve dans la maison, je suppose qu’elle est entrée pour se nymphoser. Je l’ai déposée avec les deux autres.
Bilan de la journée :
2 x Allophyes oxyacanthae
1 x Trichiura crataegi
2 x Diloba caerulocephala
1 x Nid de Malacosoma neustria
1 x Noctua comes ?
1 x Eriogaster catax
7 x Aporia crataegi
1 x Lasiocampa quercus
1 x Noctuelle indéterminée (N1)

Mercredi 7 avril 2021. Rando de Montalieu à La Balme les Grottes en passant par Charette et Parmilieu. Nous ne nous attardons pas trop sur les chenilles, notamment parce qu’il fait super froid, mais nous trouvons quand même, dans les sous-bois de la Balme, de très nombreux œufs d’Aurore (Anthocharis cardamines). C’est parfait, je voulais justement élever cette espèce cette année ! J’en récolte 6, en prenant soin de ne pas récolter tous les œufs d’un même secteur. Il y en a vraiment beaucoup.
Sur le retour, nous trouvons une chenille d’Écaille villageoise (Arctia villica) écrasée sur la route. Dommage, elle fait partie des espèces que je voulais photographier cette année…
Du côté des chenilles d’élevage, tout le monde va bien. Je relâche ma noctuelle N5 qui ne se plaisait pas en captivité.
Bilan de la journée :
>
50 x Anthocharis cardamines (oeufs) – 6 récoltés
1 x Arctia villica écrasée sur la route

Jeudi 8 avril. Pas le temps de sortir.

Vendredi 9 avril. Dans la matinée, les œufs d’Aurore commencent à éclore. Je vais au parc chercher des Cardamines pour les installer dans une jardinière dans la cour. De retour du parc, 3 chenilles sont nées. Je les installe sur des feuilles fraiches, et constate avec embarras qu’une des chenilles a commencé à manger un des œufs ! En fin de journée, de peur qu’elles ne s’entretuent, je finis par installer mes 3 minuscules chenilles sur des Cardamines directement plantées dans ma jardinière (comme ça, leur nourriture est toujours fraiche, et elles ne sont pas trop rapprochées les unes des autres). Je fais un nœud avec une ficelle autour des tiges où se trouvent les chenilles, parce qu’elles sont vraiment, vraiment minuscules. Les deux autres œufs n’ont pas encore éclos.
Une fois la nuit tombée, je fais un petit tour dans la rue. Je trouve encore une Méticuleuse et deux noctuelles N2. Il faut vraiment que je les identifie celles-là !
Bilan de la journée :
1 x Phlogophora meticulosa
2 x Noctuelle indéterminée (N2)

Samedi 10 avril. Promenade matinale à Villebois (01) avec Martin. Pas la moindre chenille ne daigne se montrer ! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir examiné Aubépines, Prunelliers, Cerisiers et autres feuillus habituellement garnis de chenilles.
En milieu de matinée, nous décidons d’aller plutôt du côté de Porcieu (38), là où nous avions vu plus tôt des Laineuses du Prunellier. La différence est flagrante : à peine arrivés, nous trouvons sur un petit Prunellier un groupe de Gazés, une Aubépinière et cinq jeunes Bombyx de l’aubépine (avec leurs oeufs). Quelques mètres plus loin, ma première Hibernie défeuillante de l’année, et d’autres petites arpenteuses trop jeunes pour être identifiées.
Du côté des Laineuses, nous sommes un peu inquiets de retrouver leur nid vide, avec une unique chenille morte au milieu. Pas la moindre trace des chenilles – se seraient-elles déjà dispersées ? Nous trouvons un troisième nid que nous n’avions pas vu la fois précédente, ne contenant que des exuvies. Pressés par le temps, nous n’avons pas trop le temps d’investiguer davantage. Nous reviendrons plus tard. En attendant, nous rentrons avec 4 jeunes chenilles de Bombyx de l’Aubépine, et une noctuelle pas très en forme trouvée immobile dans la végétation basse.
Bilan de la journée :
10 x Aporia crataegi
5 x Trichiura crataegi
1 x Allophyes oxyacanthae
2 x Erannis defoliaria
1 x Nid vide d’Eriogaster catax
1 x Noctua pronuba

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